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10 monuments de Paris qui ont disparu

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Antoine Vitek

22 avril 2026

Les monuments disparus de Paris

Paris est une ville-musée, certes, mais c’est aussi un organisme vivant qui n’a cessé de se transformer, parfois brutalement. Derrière les façades haussmanniennes se cachent les fantômes de structures colossales, de palais oubliés et de folies architecturales.

Voici un voyage dans le temps à la découverte de 10 monuments emblématiques de Paris aujourd’hui disparus.

Le Palais des Tuileries

C’est sans doute le membre « fantôme » le plus célèbre du paysage parisien. Situé entre le Louvre et le jardin des Tuileries, ce palais construit au XVIe siècle à la demande de Catherine de Médicis fut la résidence de nombreux souverains jusqu’à sa destruction par un incendie volontaire sous la Commune en 1871. Ses ruines sont restées debout pendant 11 ans avant d’être rasées en 1883.

Monuments disparus de Paris
Le palais des Tuileries vu depuis le quai d’Orsay, par Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet (1757) – Musée Carnavalet

Le Palais du Trocadéro

Situé sur la colline de Chaillot, le Palais du Trocadéro accueillait une salle de spectacle de 4 600 places ainsi que deux musées et des salles de conférences.

Edifié à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, il ne devait pas survivre à l’événement. Il sera finalement conservé une soixantaine d’années mais son style architectural très critiqué ainsi que la mauvaise acoustique de sa salle ont motivé sa démolition. Il sera détruit en 1935 pour permettre la construction de l’actuel Palais de Chaillot en 1937.

Monuments détruits à Paris
Le palais du Trocadéro et sa fontaine pendant l’Exposition universelle de 1900.

Les Halles de Baltard

Les Halles de Paris, aussi appelées pavillons Baltard, étaient un complexe de douze bâtiments en fer, fonte et en verre dédiés au commerce. Construit dans les années 1850 à 1870, on y trouvait le marché de vente en gros de produits alimentaires frais.

A la fin des années 1950, le transfert de cette activité vers le site du Marché international de Rungis a précipité la destruction de ces pavillions pour laisser place au Forum des Halles.

Seul le pavillon n°8 a été conservé. Démonté puis racheté par la ville de Nogent, il a été reconstruit dans le quartier Val-de-Beauté comme témoignage du passé architectural de Paris.

10 lieux disparus à Paris
Dessin, vue à vol d’oiseau des Halles centrales de Paris en 1863

Le Colisée

Cela peut paraître surprenant mais Paris a bien eu son Colisée ! Mais rien à voir avec celui de Rome : il s’agissait d’un établissement de plaisirs construit dans les années 1770 où l’on trouvait des cafés, des cirques, des boutiques, un bal ou encore une salle de spectacles. De quoi accueillir jusqu’à 40 000 personnes !

Construit au niveau du rond-point des Champs Elysées, cet établissement a connu un vif succès. Il était, selon Vigée Le Brun « le rendez-vous de tous les jeunes élégants de Paris ». Marie-Antoinette elle-même s’y rendit.

Malheureusement, le Colisée était un véritable gouffre financier. Les dépenses d’exploitation et d’éclairage avaient été sous-évaluées et le quartier, malfamé à l’époque, repoussait le public bourgeois si bien qu’en le Colisée fit faillitte en 1780, moins de dix ans après son ouverture.

Aujourd’hui, il ne reste plus que la rue du Colisée pour témoigner de l’existence de ce bâtiment !

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Plan de coupe prise sur la longueur du Colisée élevé à Paris en l’année 1771, dessin de Jean-Jacques Lequeu – Bibliothèque nationale de France

La Tour de Nesle

Cette tour construite au XIIIe siècle était l’une des tours d’angle de l’enceinte de Philippe Auguste. Elle était située à l’emplacement actuel de l’Institut de France.

Haute de 25 mètres et large de 10, elle faisait face à sa jumelle, la tour du Coin, située sur l’autre rive de la Seine. Le soir, de grosses chaînes étaient tendues entre les deux tours pour interdir le passage nocturne des bateaux.

La Tour de Nesle fut démolie vers 1663 pour permettre la construction de la bibliothèque Mazarine et de l’Institut de France.

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La Tour de Nesle et vue du Pont-Neuf, gravure de Jacques Callot, musée Carnavalet

La Bastille

Cette célèbre forteresse médiévale construite au XIVe siècle à l’emplacement de l’actuelle place de la Bastille servait de prison d’état. Devenue le symbole de l’arbitraire royal, elle fut prise d’assaut le 14 juillet 1789 durant la Révolution française.

Démentelée pierre par pierre par l’entrepreneur Palloy entre 1789 et 1806, une partie de ses matériaux ont servi à construire le pont Louis XVI (actuel pont de la Concorde).

Des vestiges de la Bastille sont encore visibles square Henri-Galli ainsi que sur un quai de métro à la Station Bastille, sur la ligne 5.

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Façade orientale de la Bastille, dessin de 1790 – Bibliothèque nationale de France

Le Grand Châtelet

Cette forteresse massive construite vers 1130 à la demande de Louis VI était située sur la rive droite pour protéger l’accès à l’île de la Cité. Avec l’agrandissement de Paris, et la construction de l’enceinte de Philippe Auguste, elle perdit sa fonction défensive et servit de siège au prévôt de Paris et de sinistre prison avec des cachots et salles de torture.

Elle fut détruite en 1802 pour aérer le quartier et laisser place à l’actuelle place du Châtelet.

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Le Grand Châtelet vers 1780 – Bibliothèque nationale de France

La Tour du Temple

Ancienne forteresse parisienne située dans le nord du Marais, cette tour fut construite par les Templiers pendant le règne de Saint Louis vers 1240. Devenue prison, elle est célèbre pour avoir servi de geôle à Louis XVI et à la famille royale entre 1792 et 1795. Le dauphin de France Louis XVII y est mort à l’âge de 10 ans.

Lieu de pèlerinage pour les royalistes, la tour du Temple fut détruite en 1808 à la demande de Napoléon.

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La Tour du Temple, dessin de 1785 – Bibliothèque nationale de France

La gare de la Bastille

Inaugurée en 1859, cette gare reliait Paris à Marles-en-Brie en Seine-et-Marne pour désengorger la gare de l’Est.

Mais gare peine à se moderniser : l’éclairage éclectrique arrive tardivement et on n’y trouve que des locomotives à vapeur. Au final, elle ferme ses portes en 1969 et se transforme en lieu d’exposition avant d’être détruite pour laisser place à l’Opéra Bastille. Quant au tracé de sa ligne, il fut intégré à la ligne A du RER.

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Ancienne gare de la Bastille – Photo Léon & Lévy / Roger-Viollet

Le mur des Fermiers Généraux et ses octrois

A la fin du 18e siècle le mur des Fermiers Généraux entourait Paris sur 24 km de long. Il était flanqué de 57 barrières d’octrois, des points de passage permettant de collecter l’impôt sur les marchandises qui entraient dans la ville.

Ces barrières, construites par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, étaient très élégantes mais n’ont pas survécu à l’impopularité du mur qui fut détruit à partir de 1860 sous l’impulsion des travaux d’Haussmann.

LIRE AUSSI : A quoi ressemblait le mur des Fermiers généraux qui entourait Paris au XVIIIe siècle ?

Seuls quatre vestiges ont été préservés et restent visibles aujourd’hui :

  • les deux colonnes de la Barrière du Trône, place de la Nation ;
  • la barrière d’Enfer, place Denfert-Rochereau (qui accueille aujourd’hui l’entrée des Catacombes ainsi que le musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin) ;
  • la rotonde du parc Monceau ;
  • la rotonde de la Villette, place Stalingrad, qui accueille désormais un restaurant et une galerie d’art.

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