L’univers des ventes aux enchères est aussi fascinant qu’intimidant. On lui associe, souvent à tort, des préjugés qui ont la vie dure et un certain élitisme qui freine de nombreuses personnes à pousser les portes de ces lieux pourtant passionnants. Faisons le tour de ces clichés pour démêler le vrai du faux.

 

Les ventes aux enchères sont réservées à un portefeuille bien garni

VRAI et FAUX

Les médias se font souvent l’écho de grandes ventes où des tableaux s’arrachent plusieurs millions d’euros, le dernier record étant un tableau de Picasso, Les femmes d’Alger, adjugé 161 millions d’euros chez Christie’s en mai dernier, à New-York.

 

Pourtant, les ventes qui affichent six zéros au compteur ne sont que la face visible de l’iceberg et la plupart des lots restent accessibles à des portefeuilles moins garnis.

Les ventes sont généralement constituées de centaines de lots. A côté de la poignée d’oeuvres qui affolent les enchères, la plupart s’adjugent à quelques milliers voire seulement quelques centaines d’euros ; une gamme de prix qui reste accessible pour des passionnés.

 

Il faut être collectionneur pour voir les œuvres mises en vente

FAUX

Quelques jours avant les ventes, les œuvres sont exposées au public. Ces expositions sont ouvertes à tous et gratuitement. Puisque la plupart des œuvres proviennent de collections privées et s’apprêtent à retourner dans d’autres collections, ces expositions avant-vente sont une occasion unique de les découvrir. On ne peut donc que vous recommander de suivre le calendrier des maisons de ventes.

Le saviez-vous ?
Les expositions des maisons de ventes offrent un tout autre rapport aux œuvres que les musées. Vous pouvez vous en approcher de très près voire même les toucher – bien entendu avec prudence et sous la surveillance des gardiens !

 

L’accès aux salles de ventes est réservé aux enchérisseurs

FAUX

Tout comme les expositions avant-vente, les ventes sont ouvertes à tous et gratuitement. Une vente est un vrai spectacle et même sans intention d’acheter il est intéressant d’aller les voir.
Le commissaire priseur, en vrai chef d’orchestre, doit superviser les enchères en salles mais aussi par téléphone et sur internet. L’objectif des maisons de ventes est de faire tomber le marteau sur le prix le plus élevé, le commissaire priseur incite donc le public à faire gonfler ses enchères. Lors des ventes les plus importantes on sent une vrai tension dans la salle tandis que deux acheteurs se disputent une oeuvre et, comme lors d’un spectacle, le coup de marteau est parfois accompagné d’applaudissements !

 

Il faut éviter de lever la main dans une vente au risque d’enchérir

VRAI

Ce n’est pas un mythe, si vous levez la main lors d’une vente vous pouvez bel et bien enchérir et ce, même si vous ne vous êtes pas inscrit au préalable. Comme on me l’a fait remarquer avec amusement sur Twitter, il faut mieux ne pas saluer ses amis, ni tousser, ni se gratter l’oreille !

 

Les enchères ne sont cependant pas rigides, si l’un de vos gestes a été mal interprété un simple signalement au commissaire priseur permettra de retirer votre enchère.
Par défaut, une enchère correspond à une surévaluation de 10 % du montant de l’enchère précédente mais il est possible de faire une offre moins élevée en précisant son montant.

 

Les collectionneurs sont surtout des spéculateurs

VRAI et FAUX

Le marché de l’art a le vent en poupe et pour cause : les œuvres ne sont pas comptabilisées dans le calcul de l’impôt sur la fortune. Cette exclusion permet de prévenir une fuite du patrimoine vers l’étranger. Si la réglementation était amenée à changer il faudrait s’attendre à voir des collectionneur sortir du territoire en emportant leurs œuvres.
Cette disposition pousse donc des investisseurs à se tourner vers le marché de l’art par pure spéculation, une tendance que l’on remarque surtout pour les ventes d’art contemporain. Dans les catalogues de vente, l’origine des œuvres montre parfois un passage par plusieurs propriétaires en quelques années. A titre d’exemple, une sculpture de Rodin, Fugit Amor, a été vendue quatre fois en seulement sept ans !
Une ancienne experte de chez Drouot nous confiait ainsi avoir récupéré une oeuvre de Warhol chez un ancien acheteur qui voulait la remettre en vente. Le tableau a été retrouvé tel qu’il avait été vendu : dans son emballage intact, il n’avait jamais été déballé et attendait simplement de prendre suffisamment de valeur pour être revendu sic !
Heureusement, d’autres sont de vrais collectionneurs, à l’image de Guillaume Lévy-Lambert et Mark Goh qui construisent leur collection autour de leur histoire personnelle.
Certaines œuvres, comme les tableaux anciens, échappent davantage aux spéculateurs et sont plutôt prisées par des passionnés.

 

Demander l’expertise d’une œuvre est un service payant

FAUX

Si vous souhaitez mettre une oeuvre en vente vous pouvez demander aux experts des maisons de vente d’en faire une estimation. Ce service est proposé gratuitement, sauf estimations pour les assurances.

 

Aucune vente ne se ressemble : d’une semaine à l’autre on peut y voir des tableaux, des sculptures, des manuscrits, de la haute couture voire même des fossiles ! Nous ne pouvons que vous encourager à aller dans les maisons de ventes, ne serait-ce que pour voir leurs expositions ou assister à une vente par simple curiosité.

 

Pour aller plus loin :

Calendriers des ventes :

Chez Sotheby’s (utilisez le filtre pour voir les ventes parisiennes)
Chez Christie’s à Paris
Chez Artcurial
Chez Drouot
Chez Fauve Paris

Nos coups de cœur autour de certaines ventes :

La bande dessinée est à l’honneur
Vente de livres et manuscrits
Vente d’histoire naturelle
Bibliothèque R. et B. L. : vente exceptionnelle d’éditions originales, autographes et manuscrits du XXe siècle
Livres et manuscrits

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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