À la fin du XIXe siècle, Alfons Mucha, artiste emblématique de l’Art Nouveau a déjà acquis une forte renommée, notamment grâce à sa collaboration avec l’actrice Sarah Bernhardt pour qui il réalise les affiches, costumes, décors et bijoux. À l’occasion de l’exposition universelle de Paris en 1900, Mucha se voit confier les décors du pavillon de la Bosnie-Herzégovine où il présente La Nature, un buste en bronze orné de malachite représentant l’idéal féminin de l’époque. La foule est nombreuse à venir la contempler et la célébrité de Mucha est alors à son apogée.
La représentation de la Nature est l’un des chefs d’oeuvre d’Alfons Mucha. Pourtant, ce buste de femme est entouré de mystères…
Qui a réalisé cette oeuvre ?
Mucha n’a pas conçu cette représentation de la Nature seul. L’artiste, qui était avant tout peintre et dessinateur, faisait une maquette en pierre de ses sculptures mais n’en réalisait pas lui-même les bronzes. Pour cette oeuvre, il fit appel à son ami et collaborateur, le sculpteur Auguste Seysses. On ignore cependant dans quelle mesure le travail a été réparti entre les deux artistes.
Qui représente ce portrait ?
En raison de l’étroite collaboration entre Mucha et Sarah Bernhardt, certains voient dans La Nature un hommage à l’actrice. Pourtant, ses traits sont peu ressemblants avec ceux de la sculpture.
À la même période, Cléo de Mérode, jeune danseuse de l’Opéra de Paris, fait figure d’icône de la Belle Époque. Son visage ressemble beaucoup à la Nature mais aucun document ne prouve que la danseuse a posé pour Mucha.
A droite : Cléo de Mérode, 1900, portrait réalisé par Léopold-Émile Reutlinger
Qu’est- devenue La Nature au cours du XXe siècle ?
Après l’exposition universelle de Paris, Mucha expose à nouveau la Nature à Turin, en 1902, lors de l’exposition internationale d’Art Décoratif. Passée cette date, le buste disparaît et ne refait surface que dans les années soixante lors d’une vente aux enchère où il est vendu par le fils d’un collectionneur. L’oeuvre est achetée par le baron Gillion-Crowet qui l’intègre à sa riche collection d’Art Nouveau.
En 2006, le couple Gillion-Crowet fit une dation de sa collection aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles). La Nature est désormais exposée au musée Fin de Siècle.
Se plonger dans l’univers de Mucha au musée Carnavalet
En 1901, la bijouterie Fouquet commande à Mucha la réalisation des décors de sa boutique parisienne, située Rue Royale mais en 1922, avec l’arrivée de l’Art Déco, cette décoration devint désuète. Fouquet en fit don au musée Carnavalet qui l’a reconstituée au sein de ses collections permanentes. Cette salle est malheureusement actuellement fermée au public, en attendant la restauration du musée.