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Parmi tous les châteaux de la Loire, Azay-le-Rideau n’est certainement pas celui qui a eu l’histoire la plus grisante : aucun roi n’y est mort, son architecture n’est pas remplie de mystères, personne n’y a été empoisonné… bref, c’est un château relativement tranquille. Pourtant, Azay-le-Rideau est probablement le château qui a le plus de charme. Avec son miroir d’eau, Azay semble paisiblement posé sur son îlot et dès le premier coup d’œil il captive par sa beauté.

Après trois années de travaux menés par le Centre des Monuments Nationaux qui en assure la gestion, le château d’Azay-le-Rideau semble renaître. Le parc a été réaménagé, l’architecture a été restaurée et le parcours de visite intérieur a été totalement repensé. Désormais libéré de ses échafaudages, Azay-le-Rideau mérite plus que jamais d’être visité.

Château d'Azay-le-Rideau
Château d’Azay-le-Rideau

Du chevalier Ridel au Centre des monuments nationaux : l’histoire du château d’Azay-le-Rideau

L’histoire d’Azay-le-Rideau prend ses racines dès 1119. Son nom lui vient de l’un de ses premiers seigneurs, le chevalier Ridel, qui entreprend l’édification d’une forteresse destinée à protéger la route entre Tours et Chinon. Ce premier château disparaît en 1418 lors d’un incendie provoqué par Charles VII afin de déloger les troupes bourguignonnes qui l’occupaient.

Le château actuel a été construit à partir de 1518 après l’acquisition du domaine par Gilles Berthelot, trésorier de François Ier, et son épouse Philippe Lesbahy. Mais en 1523, Gilles Berthelot est soupçonné de malversations et est frappé de disgrâce, l’obligeant à quitter le château encore inachevé. Il faut attendre le début du XVIIe siècle pour qu’Antoinette Raffin reprenne quelques travaux. Jusqu’à la Révolution, Azay-le-Rideau passe de mains en mains mais ses propriétaires parfois peu scrupuleux laissent un château abandonné et dégradé.

En 1791, le marquis Charles de Biencourt (1747-1824) achète le château et entreprend une profonde restauration, donnant au château son aspect actuel. Passionnés de botanique, les Biencourt ne se contentent pas de moderniser le château, ils réaménagent également le parc en dotant Azay-le-Rideau de son célèbre miroir d’eau et en y apportant des arbres exotiques tels que le séquoia et le cèdre. Ils ouvrent par ailleurs le château à la visite dès 1868 ce qui est alors extrêmement rare pour un bien privé. Le public peut alors y contempler une riche collection de portraits historiques qui font d’Azay l’un des plus beaux musées de France. Parmi ces visiteurs, Honoré de Balzac tombe sous le charme du monument qu’il qualifie de « diamant taillé à facettes serti par l’Indre » !

La déroute intervient à la fin du XIXe siècle. Ruiné par le krach boursier de 1882, le descendant de la famille, Charles-Marie-Christian de Biencourt est contraint de vendre son patrimoine. Il se sépare dans un premier temps des œuvres d’art et du mobilier, puis de la plupart des terres. Le château, désormais vide, est mis en vente en 1899 et acheté par l’Etat en 1905 qui le classe dès 1914 au titre des Monuments Historiques. Aujourd’hui, le château est géré par le Centre des monuments nationaux.


Visitons le château d’Azay-le-Rideau

Avant même d’entrer dans le château, c’est le parc qui nous attire. Avec son miroir d’eau qui le sublime, le château invite à la promenade pour le découvrir sous toutes ses facettes. A travers les arbres et arbustes, le château fait sa coquette. Il se dévoile petit à petit entre les feuillages.
En 2014, le parc a été réaménagé tel qu’il avait été imaginé par les Biencourt au XIXe siècle. A cette occasion, plus de 250 arbres et arbustes ont été replantés. A l’entrée du domaine, on trouve également le « jardin des secrets » où sont cultivés des légumes anciens. Ce jardin est ouvert au public de mai à septembre.

Mais il est temps de se rapprocher du château. La façade, nettoyée en 2016, semble être une vraie dentelle de pierre. Au-dessus de l’entrée, on trouve la salamandre, emblème de François Ier ainsi que sa devise « Nutrisco et extinguo » (Je nourris (le bon feu) et je l’éteins (le mauvais)).

Devise François Ier
Devise François Ier

Au rez-de-chaussée, le château présente un ameublement correspondant à la seconde moitié du XIXe siècle afin de montrer ce qu’était la vie d’une famille bourgeoise de l’époque. Cette reconstitution est le fruit d’un important travail de recherches car, souvenez-vous, au début du XXe siècle l’État a racheté le château vide ! C’est grâce à un partenariat avec le Mobilier National et au savoir-faire de ses différents ateliers que cet aménagement a été rendu possible.
Différents musées qui ont pu recueillir certains biens des Biencourt ont par ailleurs consenti à déposer leurs œuvres dans le château afin d’en renforcer son authenticité. Enfin, une politique d’acquisition a permis de collecter d’autres biens d’origine, c’est par exemple le cas du service en porcelaine aux armes de la famille de Biencourt présentée dans la salle à manger qui a été acquis en vente publique.

A l’étage, des installations oniriques à destination des familles ont été créées par les artistes Piet.sO et Peter Keene. Elles explorent notamment le mythe de Psyché, en écho aux tapisseries des chambres. Ces installations insolites et assez inattendues nous ont laissé plus circonspect…

Château d'Azay-le-Rideau
Château d’Azay-le-Rideau

La cerise sur le château se cache dans les combles. La charpente en chêne, récemment restaurée, est une merveille.

Château d'Azay-le-Rideau combles
Les combles du château d’Azay-le-Rideau

Avant de partir, attardez-vous dans le pressoir qui présente une exposition qui vous en dira plus sur l’architecture et l’histoire du château. Enfin, à la boutique, vous trouverez un grand nombre d’ouvrages sur le château mais aussi des gourmandises locales.


Autour du château

En parlant de gourmandises, on vous recommande extrêmement vivement de vous arrêter au restaurant Côté Cour pour votre déjeuner. Vous pourrez y déguster une excellente cuisine locale à un prix très raisonnable. Comptez à peine plus d’une vingtaine d’euros pour une formule entrée, plat et dessert ! Profitez également d’être dans les parages pour aller visiter le château de l’Islette, considéré comme le petit frère d’Azay-le-Rideau. Attention cependant, il n’est ouvert que de mai à septembre.


Informations pratiques

Adresse :
19, rue Balzac
37190 Azay-le-Rideau

Horaires :
Ouvert toute l’année sauf les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.
Horaires variables selon la saison, consulter le site du château

Site internet :
www.azay-le-rideau.fr

Tarifs :
Tarif plein : 10 €
Tarif réduit : 8 €
Gratuit pour les moins de 18 ans et pour les moins de 26 ans ressortissants de l’UE

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Comments to: La renaissance du château d’Azay-le-Rideau
  • 7 février 2019

    Bonjour et bravo !
    Je réside dans le 06 ! Pourquoi n’y êtes vous pas présent ? Merci
    Culturellement vôtre <3

    Reply
    • 7 février 2019

      Bonjour,

      Je ne comprends pas très bien le sens de votre question. Habitant à Paris il m’est simplement impossible d’être partout ! je partage sur ce blog les découvertes que je fais au fil de mes voyages, peut-être un jour dans le 06 qui sait 😉

      Reply
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