Paolo et Francesca est un tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres, ou plutôt une série de tableau puisque l’on en recense sept, réalisés entre 1814 et 1819.

La scène ainsi peinte nous raconte l’anecdote d’un baiser volé qui se transforme en drame passionnel. La jeune femme vêtue de rouge se nomme Francesca, elle est mariée à un vieillard difforme Gianciotto Malatesta qui, heureusement pour elle, passe son temps à guerroyer. Pendant ses nombreuses absences, Paolo, le frère cadet de Malatesta, tient compagnie à la jeune épouse.

Paolo et Francesca Jean-Auguste-Dominique Ingres
Paolo et Francesca
Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1819
Huile sur toile, 0,50 x 0,41 cm
Musée des Beaux-Arts d’Angers

Tandis que Francesca et Paolo lisent un passage de Lancelot du Lac où Galehaut donne un baiser à la reine Guenièvre, Paolo vole à son tour un baiser à Francesca qui, émue, lache le livre. Au même moment, on devine à l’arrière plan Malatesta, l’époux trompé, qui épée à la main les surprend et s’apprête à tuer nos jeunes amants pour les jeter en enfer.

Ingres s’inspire ici d’un épisode de l’Enfer dans la Divine Comédie de Dante :

Nous lisions un jour, dans un doux loisir, comment l’amour vainquit Lancelot. J’étais seule avec mon amant, et nous étions sans défiance : plus d’une fois nos visages pâlirent et nos yeux troublés se rencontrèrent ; mais un seul instant nous perdit tous deux. Lorsqu’enfin l’heureux Lancelot cueille le baiser désiré alors celui qui ne me sera plus ravi colla sur ma bouche ses lèvres tremblantes et nous laissâmes s’échapper ce livre par qui nous fut révélé le mystère d’amour.

 

Dans ce tableau, le rouge que porte Francesca n’est pas innocent, il représente en effet l’amour et la mort. Ces vives couleurs alliées à des costumes recherchés ont contribué au succès du tableau lorsqu’il fut présenté à Paris en 1814.

Sa version la plus aboutie est celle présentée au musée des Beaux-Arts d’Angers. D’autres sont à voir au musée Condé (Chantilly), au musée Bonnat-Helleu (Bayonne) et au museo Soumaya (Mexico).

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