De prime abord, la thématique de l’Armée n’est pas celle qui attire le plus. Elle s’avère pourtant bien souvent passionnante et pour cause : l’histoire de l’Armée est indissociable de l’histoire des Nations qu’elle façonne au fil des batailles. Mais elle est aussi le témoin de bouleversements scientifiques et techniques.

Dans sa dernière exposition Dans la peau d’un soldat, le musée de l’Armée nous invite à traverser les siècles, de la Rome antique à nos jours, pour découvrir l’évolution de la condition du soldat dans son quotidien. Une exposition dense mais passionnante, que vous auriez tort de négliger !

Cette exposition est construite en deux parties : la première vous présente le soldat au fil des siècles tandis que la seconde s’attarde sur ce qui fait le quotidien du soldat.

 

Le soldat au fil des siècles

C’est donc par une impressionnante galerie chronologique que débute cette exposition. L’histoire commence par l’armée romaine (-100 av. JC), première armée constituée sur laquelle nous disposons de témoignages. L’équipement est alors assez sommaire mais c’est pourtant la première fois que l’on observe une uniformité entre les tenues des soldats.

Au Moyen Âge (780-1650), la guerre est réservée à des “privilégiés”. C’est en effet à chacun de s’équiper il faut donc être suffisamment riche pour pouvoir le faire. Ce sont les nobles qui participent aux guerres et qui doivent au Roi un temps de service allant de 30 à 100 jours par an.

Le XVIIe siècle marque l’époque des grandes transformations : les premiers fusils arrivent ainsi que les premiers uniformes. Les armées deviennent également plus grandes, avec des effectifs passant de 30 000 à 100 000 hommes. Et si jusqu’à la fin du XIXe siècle, on observe beaucoup de couleurs dans les uniformes qui servaient à distinguer les troupes dans des mêlées au corps à corps souvent poussiéreuses ; l’augmentation de la puissance de feu transforme ces couleurs en faiblesse. Les uniformes devenus trop visibles, sont remplacés par des tissus qui tendent vers le camouflage. Une stratégie qui sera adoptée pendant la Première Guerre Mondiale même si l’armée Française mettra de longs mois à se débarrasser de l’uniforme rouge très voyant.

Cette terrible Première Guerre Mondiale enfonce les soldats dans les tranchées, 80 % des blessures concernent les parties du corps les plus exposées : le torse et la tête. On assiste donc au retour des casques en acier qui avaient été mis de côté depuis le Moyen Âge.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’ère industrielle a permis de développer les moyens de transports. Les véhicules en tous genres font partie du quotidien des soldats. C’est aussi pendant cette guerre que les femmes intègrent l’armée pour la première fois : 15 000 tireuses d’élite viennent grossir les rangs de l’URSS ; on estime qu’elles ont éliminé 100 000 hommes à elles seules !

Avec les guerres d’Indochine ou d’Algérie, les tenues deviennent plus légères, s’adaptant aux climats. Mais quelle que soit l’époque, le soldat a toujours eu à porter avec lui un paquetage essentiel mais bien lourd : près de 35 kg sur le dos !

 

24 heures dans la vie d’un soldat

Pour mieux comprendre ce qu’est la vie d’un soldat et comment celle-ci a pu évoluer, la seconde partie de l’exposition se décompose en 18 thématiques : comment dormir, se laver, s’habiller, manger, communiquer, se camoufler… quand on est en opération ? Autant de façons d’aborder un quotidien qui n’a rien de banal.

Dans la peau d'un soldat au Musée de l'Armée
Aperçu de l’exposition

Tout au long de cette partie, une thématique en fil rouge : tenir. Car pour être opérationnel le soldat doit réussir à garder le moral sur la durée. Cela passe par des jeux, de la lecture et aussi parfois par la sexualité.

Dans la peau d'un soldat au Musée de l'Armée
Aperçu de l’exposition

Mais un autre aspect – très difficile – fait partie du métier de soldat : la mort. On prend notamment pleinement conscience de cette dimension devant une vitrine très touchante qui préserve les effets personnels de l’infirmier Thibault Miloche, tuée en 2010 lors d’une mission de reconnaissance en Afghanistan.

Une fois encore, le musée de l’Armée présente une exposition passionnante et l’on félicite au passage l’agence Je Formule pour la qualité de la scénographie.
On entend malheureusement assez peu parler de cette exposition qui mérite pourtant d’être vue tant elle nous permet de découvrir un pan essentiel de l’Histoire mais aussi de mieux comprendre comment fonctionne notre armée de nos jours. On ne peut donc que vous encourager à aller la voir et à le faire vite puisqu’elle se termine le 28 janvier.

Informations pratiques

Adresse

Musée de l’Armée
Hôtel national des Invalides
129 rue de Grenelle
75007 PARIS

Horaires

Tous les jours de 10h à 17h
Fermé les 25 décembre et 1er janvier

Temps restant

Jusqu’au 28 janvier 2018.
L’exposition est terminée.

Tarifs

Tarif plein : 12 €
Tarif réduit : 8,50 €
Gratuit pour les moins de 18 ans

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