Pierrefonds répond à tout l’imaginaire que l’on se fait des châteaux forts : donjon, chemin de ronde, salle des gardes… tout y est ! Visiter Pierrefonds c’est comme voyager dans le temps et se retrouver en plein Moyen Âge. Un voyage encore plus réaliste jusqu’au 18 octobre grâce à l’exposition Armures, Hennins et Crinolines présentée en partenariat avec le Centre National du Costume de Scène (CNCS).

 

Pierrefonds : l’âge d’or, les ruines et Viollet-le-Duc

 

L’histoire de Pierrefonds commence dès 1393 lorsque Louis d’Orléans (second fils de Charles V) reçoit le duché de Valois en compensation de son exclusion de la couronne. Il ordonne alors la construction d’une place forte près de Compiègne pour surveiller les échanges entre la Flandre et la Bourgogne.

Rapidement, le château devient célèbre en raison de ses dimensions et de son système défensif. En 1589 il est pris par Antoine de Saint Chamand puis résiste à deux assauts de l’armée royale avant de céder sous le siège livré par Richelieu sur ordre de Louis XIII en 1617.

Démantelée, la forteresse devient une grande ruine qui tombe dans l’oubli pendant près de deux siècles. En 1810, Napoléon Ier le rachète mais c’est sous le règne de son neveu, Napoléon III, que le château va connaître un second souffle. En 1857, l’empereur en confie la restauration à Viollet-le-Duc pour en faire une résidence occasionnelle et un musée de l’architecture du Moyen Âge.

Il faudra plus de vingt ans pour mener à bien la restauration de Pierrefonds. Après la mort de Viollet-le-Duc en 1879, les travaux sont poursuivis par son gendre Maurice Ouradou jusqu’en 1884 mais cette restauration est plutôt une réinvention puisque Viollet-le-Duc y transpose sa vision imaginaire du Moyen Âge. Le château est ouvert au public depuis 1867 et maintenant géré par le CMN (Centre des Monuments Nationaux).

 

La visite du château

 

Pierrefonds est un château qui impressionne. Visible de loin, on se sent tout petit face à ses immenses remparts et on se surprend à porter sur son architecture un regard de gosse émerveillé. Attendez-vous à un grand effet « wahou » surtout si, comme moi, vous avez la chance de découvrir cette forteresse sous un grand soleil.

Une fois passée cette première impression saisissante, il faut prendre le temps d’observer le château dans les détails : là des chats vous observent, ici des escargots et là-bas il y a des petits châteaux dans le château.

Quelques pièces sont particulièrement marquantes :

  • La chapelle : sobre mais très élégante. Il est possible d’accéder à la tribune qui permet de la contempler dans les moindres détails. Petite anecdote : Viollet-le-Duc s’est représenté en habit de pèlerin sur le pilier central de la porte.
  • Le donjon (nouvellement restauré) et les salles d’apparat qui montrent un aspect plus confortable de la vie au château avec des pièces richement décorées.
  • Les caves où l’on trouve des sculptures de plâtre commandées par Louis-Philippe qui étaient initialement destinées au musée national de Versailles. Il s’agit, pour la plupart, de copies de gisants et d’orants de la basilique Saint-Denis

 

L’exposition Armures, Hennins et Crinolines

 

Jusqu’au 18 octobre, le château abrite une exposition sur les Costumes de Scène réalisée en partenariat avec le CNCS. Pierrefonds se prête à merveille à l’accueil d’une telle exposition : symbole d’un Moyen Âge fantasmé il est un bel écrin pour des costumes d’opéras et de ballets qui ont su, à leur manière, puiser à la fois dans la vérité historique et dans l’imaginaire.

Au château de Pierrefonds, comme au théâtre, tout est vrai et tout est faux, et parfois le faux y est plus vrai que le vrai. Ce paradoxe nourrit l’œuvre de Viollet-le-Duc comme il nourrit la production scénique.

Extrait de la note d’intention des commissaires de l’exposition, Martine Kahane et Noëlle Giret

L’exposition, relativement courte, présente une trentaine de costumes de théâtre historique, l’occasion de (re)découvrir des spectacles comme l’opéra « Le Roi d’Ys » d’Edouard Lalo, le ballet « Till l’Espiègle » ou encore l’opéra « Le château de Barbe-bleue » de Béla Bartok.

Même si ces costumes sont le fruit de l’imagination de leur créateur, ils sont aussi un témoignage des modes vestimentaires du passé et nous laissent entrevoir ce que pouvait être la vie de château. Si la beauté de ces costumes fait l’unanimité, on reste plus circonspect sur leur côté pratique et confortable.

 
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Informations pratiques :

Du 2 mai au 4 septembre, tous les jours, 9h30 à 18h
Du 5 septembre au 30 avril, tous les jours sauf le lundi, 10h à 13h et 14h à 17h30

Exposition Armures, Hennins et Crinolines jusqu’au 18 octobre 2015

Plein tarif : 7,50 € / Tarif réduit : 6 €

http://www.pierrefonds.monuments-nationaux.fr

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