Notre amour pour le patrimoine nous a menés dans l’Ain et plus précisément à Bourg-en-Bresse (prononcez bourc-en-besse pour ne pas choquer l’autochtone) afin d’y découvrir le Monastère de Brou.

Bien plus qu’un monument religieux, ce monastère est avant tout une preuve d’amour. Celui de Marguerite d’Autriche pour son défunt époux Philibert le Beau pour qui elle fit construire cet édifice afin de perpétuer leur amour. Une genèse qui ne fait que renforcer la beauté de ce monument que vous pouvez (re)découvrir en période estivale à l’occasion du festival Couleurs d’Amour.

 

Marguerite d’Autriche : malchanceuse un jour, malchanceuse toujours

Derrière l’histoire du Monastère se cache celle de Marguerite d’Autriche (1480-1530). Une femme puissante mais qui a connu un destin tragique.

Dès son plus jeune âge, Marguerite d’Autriche, descendante des ducs de Bourgogne, se retrouve au centre des luttes de pouvoir. Seulement âgée de 3 ans, elle est fiancée avec le Dauphin Charles, fils de Louis XI, mais en 1491 Charles VIII la répudie pour épouser Anne de Bretagne.

De retour aux Pays-Bas, son père négocie son mariage avec Jean d’Aragon. Le mariage commence bien mais ne durera pas. Après seulement six mois, Jean décède et laisse Marguerite effondrée et enceinte. Elle accouche en décembre 1497 d’un bébé mort-né.

Veuve à seulement 17 ans elle se remarie avec le duc de Savoie, Philibert II, en 1501. Entre le jeune couple, tout se passe pour le mieux. Philibert lui laisse par ailleurs gérer les affaires du Duché. Mais tout s’écroule à nouveau en septembre 1504 : Philibert décède dans un accident de chasse laissant Marguerite veuve pour une deuxième fois alors qu’elle est à nouveau enceinte. L’enfant sera encore une fois mort-né.

 

Le monastère royal de Brou : le cri d’amour de Marguerite d’Autriche à Philibert le Beau

Dévastée, Marguerite d’Autriche commande l’édification du Monastère Royal de Brou en mémoire de son époux et pour accomplir le vœu de sa belle-mère Marguerite de Bourbon qui souhaitait la reconstruction du prieuré de Brou, laissé en mauvais état. Le monastère doit permettre d’accueillir les tombeaux de Marguerite d’Autriche, de sa belle-mère et bien sûr celui de son époux Philibert.

Marguerite d’Autriche suit de près la construction du monument, allant jusqu’à choisir elle-même les responsables de chantiers, peintres et sculpteurs. Les travaux débutent en 1506, sous la direction de l’architecte Louis van Bodeghem, et s’achèvent en 1532, soit deux ans après la mort de Marguerite qui n’aura donc pas pu voir le monument terminé.

Le monastère de Brou dispose de trois cloîtres sur deux niveaux, une construction unique en France. Le premier cloître joue le rôle de sas entre les moines et le monde extérieur, il était destiné aux hôtes de passage. Le second, plus grand et épuré, était un lieu de promenade et de méditation pour les moines. Enfin, le troisième cloître, plus rustique, était consacré aux services (cuisines, cave…).

Le premier cloître, « sas » vers l’extérieur du Monastère

Le second cloître destiné aux moines

Le troisième cloître destiné aux services

Mais la partie la plus impressionnante du monastère est bien sûr l’église, chef d’oeuvre du gothique flamboyant flamand. Elle fait partie des très rares églises qui ont conservé leur jubé. Et c’est dans le choeur de l’église que l’on trouve les tombeaux de Marguerite d’Autriche, Marguerite de Bourbon et Philibert le Beau.

Le monastère est classé monument historique depuis 1791. Sa gestion est désormais assurée par le Centre des Monuments Nationaux et par la ville de Bourg-en-Bresse qui administre le musée municipal de la ville situé dans l’une des ailes du troisième cloître.

 

Couleurs d’Amour : le festival qui met en lumière le patrimoine de Bourg-en-Bresse

Après que le Monastère de Brou ait été désigné “Monument préféré des français” en 2014 lors d’une émission télévisée organisée par France 2, la ville de Bourg-en-Bresse a souhaité profiter du coup de projecteur offert par ce titre pour mettre en valeur la ville.

C’est ainsi qu’est né le festival Couleurs d’Amour qui propose tout au long de l’été de voir certains lieux emblématiques de la ville sous un autre regard grâce à du vidéomapping (un dispositif qui ressemble à ce que propose la ville de Chartres). Rendez-vous donc les jeudis, vendredis et samedis soirs jusqu’au 23 septembre devant le monastère, le théâtre et l’hôtel de ville.

Informations pratiques

Adresse

63 boulevard de Brou
01000 Bourg-en-Bresse

Horaires

Monument ouvert tous les jours sauf quelques jours fériés
Horaires variables selon la saison, consultez le site du Monastère de Brou

Tarifs

Tarif plein : 8 €
Tarif réduit : 6,5 €

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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