Un festival a lieu tous les ans au château de Fontainebleau, il est un peu spécial, mais pas aussi sérieux qu’il en a l’air… Preuve s’il en fallait, la prochaine édition a pour thème le « Rire » et met à l’honneur l’Espagne artistique et populaire.

Il s’agit du Festival de l’histoire de l’art, une discipline universitaire qui investit un lieu patrimonial afin de rencontrer un public initié et non initié. « Mieux faire connaître et mieux faire aimer l’histoire de l’art », c’est le défi que cette manifestation relève avec brio chaque printemps depuis désormais six ans. La fréquentation se porte de mieux en mieux au fil des années pour ce festival qui réunit spécialistes et amateurs d’histoire de l’art au premier week-end de mai. Rencontrant un succès public et d’estime, elle a plus que doublé depuis sa première édition en 2011.  L’année passée, un nombre de plus de 30 000 visiteurs a été enregistré.  Avec un peu de chance, un ciel dégagé et le programme facilité de cette année, il n’y a pas à douter qu’elle soit encore en augmentation.

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Affiche de la 5e édition du Festival de l’histoire de l’art © Studio Philippe Apeloig

Jaune et rouge, l’affiche imaginée par Philippe Apeloig, qui a donné ses lettres de noblesse à la typographie en France, reste dans l’œil. Elle semble d’ores et déjà annoncer qu’humour et élégance seront au rendez-vous.

Utile pour les étudiants et les professionnels, le Festival abrite le Salon du livre et de la revue d’art ainsi que, pour cette édition,  les premières « Rencontres Professionnelles des métiers de l’histoire de l’art » soumettant des conservateurs, régisseurs ou documentalistes aux questions des étudiants en art. Cette initiative parmi d’autres montre la volonté des organisateurs et du comité scientifique d’actualiser ses propositions en étant au plus près des réalités du monde actuel. En témoigne la tenue d’un « Forum de l’actualité » de l’histoire de l’art enrichi et repensé.

Le Festival de l’histoire de l’art a pour vocation également de trouver un public plus large. L’éventail d’activités mises en place vise à permettre au plus grand nombre d’approcher cette discipline souvent méconnue car elle n’est pas au programme dans l’enseignement secondaire. Des ateliers destinés aux plus jeunes sont ainsi proposés, pour le plus grand plaisir des petites mains créatives, salies de peinture jusqu’au bout des ongles !

A destination des familles et des curieux sont également organisées des visites guidées par des étudiants de l’Ecole du Louvre ou de la Sorbonne qui transmettent leur passion autour de sujets originaux, renouvelant le concept aujourd’hui phare de médiation culturelle. En effet, tout au long de ce week-end de trois jours, du vendredi au dimanche, seront programmées des visites alléchantes autour des « fils du pouvoir, usages, symbolique et matérialité des brocarts d’ameublement », ou bien du costume, comme du « costume féminin de chasse et son évolution » ou bien encore de l’empreinte de l’impératrice Eugénie au château, « une Andalouse à Fontainebleau »… Il y en aura pour tous les goûts et de quoi satisfaire les curiosités les plus aigües avec une visite sur « les graffitis anciens et modernes du château ».

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Gerrit Van Honthorst, Femme accordant un luth, 1624, huile sur toile © Musée national de Fontainebleau

Fontainebleau risque donc d’être sacrément animé ! Autant profiter d’une de ces visites originales et pour ce week-end seront de plus prévues des lectures impromptues par des acteurs de la Comédie française : une belle ouverture à l’art vivant !

Avec pour invitée l’Espagne, l’artiste vivant Miquel Barceló en tant que parrain de cette édition sera en outre convié à participer à différentes tables rondes et discussions, en résonance avec sa très belle exposition de gravures et de sculptures, sombres et brutes, qui se tient en ce moment-même à la Bibliothèque nationale de France. L’artiste Hélène Delprat interviendra également dans le cadre du festival ; cette invitation est le fruit d’un nouveau partenariat – que nous ne pouvons que saluer – avec la fondation d’art contemporain La maison rouge. Renouvelée, la section Art & Caméra demeure quant à elle une des sections les plus passionnantes du programme. Ainsi, les artistes femmes seront à l’honneur, tout aussi bien que le cinéma d’art, le cinéma expérimental ou des documentaires plus classiques sur des artistes incontournables tels Goya ou Miró.

L’histoire de l’art est une discipline à la fois exigeante et sensible, qui a à voir avec nos émotions personnelles mais aussi avec tout un patrimoine et une histoire communs : c’est ce que cet événement nous permet chaque année de (re)découvrir. Espérons un temps clément et embrassons l’aventure pour se rendre à Fontainebleau… une balade dans les jardins du château ou même dans la fameuse forêt distraira les amoureux de la Nature, qui sauront l’admirer d’un œil ouvert à la Beauté !

Etudiante en histoire de l’art, je cultive Paris depuis que je l’habite, de façon permanente, depuis deux ans déjà. Je vous parlerai de ce que j’y vois, de ma sympathie pour les choses plus ou moins « culturellement identifiables ». Je passe plusieurs fois dans la semaine vérifier si Hippomène poursuit toujours Atalante, que jamais il ne rattrapera, tout figé dans le marbre qu’il est, cour Marly, au Louvre. Vous pouvez donc souvent me trouver dans les musées, en compagnie du SMV, nom de code du groupe « Un Soir, un Musée, un Verre », à Orsay, dans les galeries d’art, à la Fondation Cartier… Ou tout à fait ailleurs. Car « la vraie vie …»

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