En octobre 1886, Nantes accueille un grand salon d’art : près de 1800 œuvres mêlant peintures, sculptures, dessins, gravures sont exposées. Mais au-delà de la diversité des mediums, c’est la diversité des styles qui marquera l’événement, témoin d’un moment charnière dans l’histoire de l’art du XIXème. En effet, les peintures académiques de Delaunay, Gérôme ou Merson côtoient alors l’art avant-gardiste de Renoir, Sisley, Guillaumin.

A travers 70 œuvres, que le musée est allé retrouver dans ses réserves mais aussi dans les collections publiques et privées en France et à l’étranger, l’exposition nous invite à revivre le salon à travers ses contrastes.

 

Le salon d’art comme fenêtre sur une époque

Le parcours nous présente tout d’abord les composantes classiques des salons d’art de l’époque. Au premier plan, toujours, les monumentales représentations de scènes historiques ou bibliques. L’art est alors conçu comme un moyen d’éduquer et d’élever le public ; l’artiste doit valoriser le passé mais également en dénoncer les excès. Cette conception fait place à une vision parfois fantasmée de l’histoire, par exemple du Moyen-âge, présentée dans l’exposition à travers l’œuvre Une stigmatisée au Moyen Âge de Moreau de la Tour qui met en scène un examen de l’Inquisition. Ces œuvres didactiques sont très appréciées par les musées et représentent une source de revenus importante pour les artistes.

Autre thème important de l’événement : la représentation de la France rurale. Les années 1880 sont une période où l’urbanisation du pays est croissante. En retour, l’image d’une France des campagnes séduit beaucoup. Les  œuvres se veulent réalistes même si elles peuvent toucher, déjà, à une forme d’idéalisation. Egalement, le salon présente de nombreux tableaux « orientaux », qui peignent une vision fantasmée et folklorique de l’Orient, où se mêlent femmes alanguies et débauche de coussins.

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Ainsi, les deux tiers de l’exposition nous montre le salon de 1886 comme représentatif des thèmes classiques et appréciés à l’époque : des représentations académiques d’épisodes historiques ou bibliques, la représentation de la France agricole des portraits…

 

Un dialogue de l’académisme et de l’avant-garde

Ces éléments classiques trouvent leur écho avec les peintres modernes voire d’avant-garde. En effet, les deux mondes ne sont pas fermés, mais dialoguent, même dans la confrontation. C’est d’ailleurs ce que nous le suggère la scénographie, très réussie, de l’exposition, faite de fenêtres ouvertes d’une salle sur l’autre. Certains artistes modernes sont à la lisière des deux mondes, comme Renoir, qui est alors exposé dans la pièce principale, gage d’une certaine acceptation de son art auprès des Nantais.

En effet, les peintures du groupe impressionniste et néo-impressionniste sont, en 1886, exposés dans une salle séparée, la salle IX. Cette salle, qui rassemble notamment des œuvres de Gauguin, Pissaro, Seurat, Sisley, Guillaumin fait scandale ; le journal L’Espérance du peuple parle d’une « fumisterie »… Malgré cet accueil plein d’émotions de la part du public, la fin du salon marquera la création d’une société des amis des arts qui sera à l’origine des expositions d’art moderne à Nantes dès les 1890, où les impressionnistes auront une place d’honneur. La dernière salle est donc consacrée à cette avant-garde.

 

En conclusion : à voir !

L’exposition nous présente un parcours relativement court mais bien construit, très didactique et qui sait mettre en valeur et en miroir les œuvres présentées. A travers le prisme du salon, c’est une vision de la France sous la IIIème République et de l’histoire de l’art qui se révèle. A voir !

Informations pratiques

Adresse

Musée d’Arts de Nantes
10, Rue Georges Clémenceau
44000 Nantes

Horaires

Tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h

Temps restant

Jusqu’au 13 janvier 2019
L’exposition est terminée.

Tarifs

Tarif plein : 8 €
Tarif réduit : 4 €

Passionnée par la littérature, la philosophie, l’histoire, l’animation japonaise et mille autres choses encore. Je cherche la poésie lovée au creux des choses. Car oui, « La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie » (Prévert).

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