On le sait peu mais le musée du Quai Branly – Jacques Chirac possède dans ses collections environ 500 toiles et œuvres graphiques de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe ; des tableaux qui évoquent la rencontre avec l’Autre et l’Ailleurs. Dans l’exposition Peintures des Lointains qui vient de s’ouvrir, le musée présente plus de 130 toiles issues de cette collection, pour montrer l’évolution de la perception des occidentaux sur les peuples des sociétés lointaines à travers le regard des artistes.

Vue de l'exposition "Peintures des lointains" © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Gautier Deblonde
Vue de l’exposition « Peintures des lointains » © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Gautier Deblonde

 

De la séduction des lointains à la célébration de l’impérialisme colonial

L’exposition est construite en trois parties. La première et la plus longue est consacrée à la séduction des lointains. En voyageant, les artistes ont vite été séduits par les paysages nouveaux teintés d’exotisme. Les créations se renouvellent avec des couleurs vives, et des lumières qui invitent à l’évasion. Ces peintures font aussi découvrir des cultures nouvelles avec des foules bigarrées ; ainsi qu’une nature sauvage qui fascine.

Mosquée dans la Basse Egypte © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain
Mosquée dans la Basse Egypte © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Claude Germain

Cette découverte de terres lointaines est pourtant empreinte d’un paradoxe : l’européen est fier d’être civilisé et pourtant il observe avec envie des cultures qui incarnent l’âge d’or de l’humanité et qui ont des allures de paradis. Au XVe siècle, les philosophes des Lumières s’interrogent : ne serions-nous pas plus heureux dans une société qui ne serait pas corrompue par la civilisation ?
L’imaginaire européen se construit également autour de stéréotypes comme par exemple une féminité sensuelle qui nourrit l’exotisme d’archétypes charnels.

La seconde partie de l’exposition, Altérité plurielle, présente de nombreux portraits. Certains stéréotypés, d’autres davantage ethnographiques. C’est peut-être la partie la plus belle, on y voit une multitude de visages, issus de cultures différentes et peints avec des styles variés.

Enfin, la troisième et dernière partie montre la célébration de l’impérialisme colonial et la façon dont les européens se sont approprié les lointains. A la fin du XIXe siècle, l’expansion coloniale s’accélère et les européens se partagent l’Afrique ; une conquête qui se reflète dans la peinture parfois de façon quelque peu nauséabonde quand l’homme blanc se représente fièrement en “civilisé” en comparaison d’indigènes primitifs et admiratifs.
Les artistes ont pu profiter de cette expansion coloniale grâce à des prix et bourses de voyages attribués dans la première moitié du XXe siècle pour les encourager à aller dans les colonies. Ils en reviennent avec de nombreux témoignages d’une culture lointaine qui commence à être influencée par les européens.

Vue de l'exposition © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Gautier Deblonde
Vue de l’exposition © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Gautier Deblonde

 

Une collection de peintures issue de l’Exposition coloniale internationale de 1931

En 1931, le palais de la porte Dorée – qui accueille aujourd’hui le musée de l’Histoire de l’Immigration – est édifié près du parc de Vincennes à l’occasion de l’Exposition coloniale internationale. Destiné à abriter un musée colonial, avec une façade sculptée qui célèbre l’empire outre-mer de la France, il accueille dès sa création une exposition de peintures et dessins sur l’influence de l’exotisme dans l’art français. Ces tableaux issus d’achats et de dons ont constituées les premières œuvres du musée.

Mais lorsque les colonies françaises deviennent indépendantes après la seconde guerre mondiale, le musée colonial se transforme en 1960 en musée consacré aux arts africains et océaniens. Une grande partie de la collection de peintures est alors remisée en réserves. Cette collection a rejoint le musée du Quai Branly – Jacques Chirac à sa création, en 2006.

L’exposition présentée actuellement a permis de mener une grande campagne de restauration sur cette collection. Sur les quelques 130 peintures présentées, 102 ont été restaurées en 2017, de même que 124 œuvres graphiques.

 

Gagnez 2 invitations pour aller voir cette exposition

Cette exposition vous tente ? Deux invitations pour le musée du Quai Branly – Jacques Chirac seront offertes à l’un des Tipeurs de Culturez-vous le lundi 19 février 2018.

Tipeur, c’est quoi ? Culturez-vous est un blog indépendant, sans financement. Si vous aimez ce blog et que vous souhaitez nous soutenir, vous pouvez apporter une petite contribution à partir d’1€ / mois (sans engagement). Vous pourrez en plus participer aux tombolas pour gagner des cadeaux (comme ces invitations), rejoindre un groupe Facebook privé pour échanger entre passionnés de culture et participer à des rencontres.
Pour en savoir plus : https://www.tipeee.com/culturezvous

Informations pratiques

Adresse

Musée du quai Branly – Jacques Chirac
37 Quai Branly, 75007 Paris

Horaires

Mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h
Jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h
Fermé le lundi

Temps restant

Jusqu’au 28 octobre 2018.
Il vous reste 34 jours pour aller voir cette exposition

Site internet

http://www.quaibranly.fr

Tarifs

Tarif plein : 10 €
Tarif réduit : 7 €

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