Notre-Dame de Paris est l’un des plus célèbres romans de Victor Hugo. Si son histoire se déroule au XVe siècle, c’est en 1836 qu’Hugo l’a publié, dans une période où la cathédrale était dans un état très délabré. Pendant la Révolution, Notre-Dame a en effet été victime de plusieurs actes de vandalisme : les statues des portails ont été détruites, tout comme la célèbre galerie des Rois de Juda – les révolutionnaires pensaient qu’il s’agissait des rois de France. Quant à la flèche, elle a été démontée.

Notre-Dame de Paris en 1840
L’état de Notre-Dame de Paris en 1840, avec notamment l’absence des statues de la Galerie des Rois.

À la fin de l’année 1793 rien ne s’arrange. Dans une politique de déchristianisation, la Commune ordonne que toutes les églises de Paris soient fermées. Notre-Dame n’échappe pas à cette règle, elle sera pour un temps transformée… en entrepôt !

Ce n’est qu’en 1802 que la cathédrale est rendue au culte et que quelques travaux d’urgence sont menés mais Notre-Dame est si mal en point que l’on envisage de la détruire. À travers son roman, Victor Hugo entend faire passer ses pensées politiques et notamment son combat pour la préservation du patrimoine. Notre-Dame de Paris rencontre est un vif succès populaire et contribue à faire prendre conscience à ses lecteurs de la valeur de la cathédrale qui sera finalement épargnée. Un important chantier de restauration sera mené à la moitié du XIXe siècle par Viollet-le-Duc.

Quasimodo, l’âme de Notre-Dame de Paris ?

Mais revenons au roman. C’est un joli pavé – 733 pages en édition de Poche – et pourtant il se dévore : romance, intrigue, Histoire… tout y est pour captiver le lecteur, y compris des personnages extrêmement attachants à tel point que l’un d’entre eux – Quasimodo – est devenu indissociable de la Cathédrale. Le célèbre bossu sonneur de cloches est bien sûr un personnage fictif mais Hugo le décrit si bien qu’on le croit réel, comme dans cet extrait :

Tantôt on se heurtait dans un coin obscur de l’église à une sorte de chimère vivante, accroupie et renfrognée : c’était Quasimodo pensant. Tantôt on avisait sous un clocher une tête énorme et un paquet de membres désordonnés se balançant avec fureur au bout d’une corde : c’était Quasimodo sonnant les vêpres ou l’angélus. Souvent la nuit on voyait errer une forme hideuse sur la frêle balustrade découpée en dentelle qui couronne les tours et borde le pourtour de l’apside : c’était encore le bossu de Notre-Dame. Alors, disaient les voisines, toute l’église prenait quelque chose de fantastique, de surnaturel, d’horrible ; des yeux et des bouches s’y ouvraient ça et là ; on entendait aboyer des chiens, les guivres, les tarasques de pierre qui veillent jour et nuit, le cou tendu et la gueule ouverte autour de la monstrueuse cathédrale. Et si c’était une nuit de Noël, tandis que la grosse cloche qui semblait râler, appelait les fidèles à la messe ardente de minuit, il y avait un tel air répandu sur la sombre façade qu’on eût dit que le grand portail dévorait la foule et que la rosace la regardait. Et tout cela venait de Quasimodo. L’Egypte l’eût pris pour le dieu de ce temple ; le moyen-âge l’en croyait le démon : il en était l’âme.

À tel point que, pour ceux qui savent que Quasimodo a existé, Notre-Dame est aujourd’hui déserte, inanimée, morte. On sent qu’il y a quelque chose de disparu. Ce corps immense et vide ; c’est un squelette ; l’esprit l’a quitté, on en voit la place, et voilà tout. C’est comme un crâne où il y a encore des trous pour les yeux ; mais plus de regard.

Et c’est vrai que lorsque l’on a lu Notre-Dame de Paris, on porte sur la cathédrale un regard nouveau, on cherche à apercevoir Quasimodo virevolter dans ses tours. Alors Quasimodo, l’âme de Notre-Dame ? Peut-être, car si le personnage est fictif il a néanmoins largement contribué à la sauvegarde du monument – et on l’en remercie !

Quasimodo dessiné par Victor Hugo
Quasimodo dessiné par Victor Hugo
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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous, flâneur professionnel et éternel curieux.

2 COMMENTAIRES

  1. Texte difficilement lisible par des personnes âgées.
    Pourquoi ne pas utiliser le noir au lieu de cette sorte de gris pâle?
    Merci de tenir compte de cette observation.

    • Bonjour et merci pour l’intérêt que vous portez à Culturez-vous et à nos articles.
      Nous utilisons pourtant un gris très foncé, très proche du noir mais sur certains écrans il est possible qu’il manque de lisibilité. Merci pour votre remarque, nous en tiendrons compte pour les futures évolutions de notre site.
      Bien cordialement.

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