Du haut du Mont-Saint-Michel, plus de treize siècles d’histoire(s) nous contemplent. Une histoire marquée par les légendes, les guerres et le génie de ses architectes. Autant d’ingrédients qui ont fait du Mont un monument incontournable, le plus visité de province.
Depuis quelques mois, une nouvelle offre Train + Bus proposée par Intercités permet d’y accéder facilement depuis Paris, on vous en dit plus à la fin de cet article.

 

Entre légendes et guerres : la longue histoire du Mont-Saint-Michel

La légende de l’évêque d’Avranche

La construction du Mont aurait commencé en 708. Une légende raconte qu’Aubert, l’évêque d’Avranches, aurait vu apparaître l’archange Saint-Michel qui lui donna l’ordre de construire un édifice en son honneur. Se croyant fou, l’évêque ne fait rien mais l’archange lui réapparait à deux reprise et, furieux, dessine un trou dans son crâne, pour preuve de son pouvoir. L’évêque s’exécute et fit élever sur le Mont-Tombe un oratoire en l’honneur de Saint-Michel.

En 966, le Duc de Normandie Richard Ier installe des moines bénédictins dans le Mont. Peu avant l’an mil, une église préromane – Notre-Dame Sous Terre – est édifiée. Le sanctuaire se transforme en une abbaye et au XIe siècle, l’église abbatiale est élevée au niveau de la pointe du rocher, en s’appuyant sur un ensemble de cryptes. Très vite, le Mont-Saint-Michel devient un lieu majeur de pèlerinage mais également un haut centre de culture médiéval : les travaux de bénédictins et les reliques de Saint-Michel conservés dans l’abbaye contribuent au développement spirituel et économique du Mont.

 

Le Mont-Saint-Michel au milieu des guerres : quand l’abbaye devient une forteresse

Au début du XIIe siècle, le roi de France Philippe Auguste annexe la Normandie. Les Bretons de Guy de Thouars, allié du Roi, montent une armée et attaquent le Mont-Saint-Michel, tuant villageois et incendiant le Mont. Pour laver cet épisode tragique, Philippe Auguste finance la construction de la Merveille : deux bâtiments de trois étages, surplombés d’un cloître – achevé en 1228 – et d’un réfectoire. C’est le fleuron de l’architecture de l’abbaye, construit sur un terrain difficile, il témoigne du talent des bâtisseurs de l’époque.

Devenu forteresse du duché de Normandie mais également un lieu de passage important, le Mont-Saint-Michel revêt une dimension stratégique et symbolique qui obligent sa fortification lorsque commence la guerre de Cent Ans au XIVe siècle, opposant les français aux anglais. On dresse une puissante muraille avec 7 tours et 3 portes ! Lorsqu’en 1415 les anglais déciment l’armée française à Azincourt, et annexent la Normandie, ils tenteront de prendre le Mont, sans succès. Cette victoire contribua encore davantage à la légende du Mont et les pèlerins afflueront pour rendre hommage à l’archange Saint-Michel, devenu défenseur du royaume. Le Mont ne sort cependant pas indemne de ces attaques. En 1421, le chœur roman de l’église s’effondre. Il sera seulement remplacé à la fin du Moyen Âge par un chœur gothique flamboyant.

 

Une prison peu commune

Entrée d'un cachot du Mont Saint Michel
Entrée d’un cachot

Sous Louis XI, l’abbaye est placée sous le régime de la commende, c’est-à-dire que le nouvel abbé n’est plus nommé par les moines mais par le Roi en personne. Le Mont perd peu à peu de son intérêt religieux et les pèlerinages se raréfient. Il faut attendre 1622 et l’arrivée de bénédictins de la congrégation de Saint-Maur pour que l’activité monastique du Mont soit relancée. Malgré cette réforme et face au manque d’entretien des bâtiments, les rois de France vont utiliser le Mont-Saint-Michel comme prison. Le Mont gagne le surnom de « Bastille des mers ».

Les derniers bénédictins quittent le Mont en 1791, chassés par la Révolution qui déclare « biens nationaux » les propriétés de l’Eglise. Devenue une commune baptisée « Mont Libre », le Mont-Saint-Michel sert de lieu d’internement pour les prêtres réfractaires puis de maison d’arrêt. Ce n’est qu’en 1863 que ferme cette prison, laissant le Mont dans un état profondément délabré notamment suite à plusieurs incendies dans l’église abbatiale en 1776 et 1834.

 

La renaissance du Mont-Saint-Michel

La lente renaissance du Mont-Saint-Michel commence en 1874 lorsqu’il est classé Monument Historique et que le président Mac Mahon décrète son relèvement. D’importants travaux de restauration seront menés à la fin du XIXe siècle et une digue-route construite en 1879 relie le continent au Mont, facilitant l’accès des visiteurs.

La célèbre statue de l’archange Saint-Michel terrassant le dragon, sculptée par Emmanuel Frémiet (à qui l’on doit également la statue de Jeanne d’Arc à Paris), est posée seulement en 1897 sur la flèche de l’abbaye, donnant au Mont son apparence actuelle. Le rôle de cette statue n’est pas simplement décoratif, elle sert également de paratonnerre.

Le culte est restauré dans l’abbatiale en 1969. Depuis 2001, les Fraternités Monastiques de Jérusalem y assurent une présence religieuse.

Le Mont-Saint-Michel de nuit

 

Le Mont, définitivement sauvé ?

L’histoire du Mont-Saint-Michel n’est pas terminée, le monument continue à subir les affres du temps et nécessite des travaux réguliers. Le Centre des Monuments Nationaux qui gère l’abbaye a consacré plus de 20 millions d’euros à diverses campagnes de restauration depuis 2007 ! On notera notamment la restauration de la statue de l’archange en 2016 ainsi que le chantier actuellement en cours dans le cloître.

Par ailleurs, la digue qui reliait le Mont au continent était devenue une menace en raison de l’ensablement qu’elle provoquait dans la baie. Elle a été remplacée en 2015 par un pont-passerelle interdit aux voitures qui préserve le caractère maritime du Mont.

Vue sur la baie du Mont Saint Michel

 

Visiter le Mont-Saint-Michel

On ne saurait que trop vous conseiller d’aller visiter le Mont-Saint-Michel. Ce monument majestueux qui se dresse sur son rocher impressionne dès qu’on l’aperçoit au milieu de la baie. Mais se balader dans les rues ne suffit pas, c’est en visitant l’abbaye, en allant sur les traces de cette histoire exceptionnellement riche et tourmentée que l’émotion est la plus forte. C’est un véritable chef d’oeuvre qui s’offre à vous.

Mont-Saint-Michel salle des Chevaliers

Pour en profiter pleinement, profitez des visites commentées et des visites-conférences organisées par le Centre des Monuments Nationaux. Certaines vous permettent d’accéder à des parties du Mont habituellement fermées au public comme Notre-Dame-Sous-Terre ou l’escalier de dentelle qui vous mènera dans les hauteurs du Mont, à quelques mètres seulement de l’archange.

 

Découvrir le Mont-Saint-Michel depuis Paris

Si vous habitez à Paris, sachez qu’il n’est plus indispensable d’avoir une voiture pour partir à la découverte du Mont-Saint-Michel ! Depuis quelques mois, une offre train + bus mise en place par Intercités vous permet de vous y rendre en moins de 4 heures depuis la gare Montparnasse, à partir de 54 € aller / retour. Cliquez ici pour en savoir plus.

 

Et à pied ?

Pour les amateurs de marche qui souhaiteraient devenir un « miquelot » pour quelques kilomètres, l’association Les chemins du Mont-Saint-Michel vous proposent de nombreux itinéraires pour vous guider sur les traces des pèlerins.

Informations pratiques

Adresse

Abbaye du Mont-Saint-Michel
50170 Le Mont-Saint-Michel

Horaires

Ouvert toute l’année sauf les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre
De 9h à 19h du 2 mai au 31 août
De 9h30 à 18h du 1er septembre au 30 avril

Tarifs

Plein tarif 10 €
Tarif réduit 8 €
Gratuit pour les moins de 26 ans
Des visites commentées sans supplément et sans réservation ont lieu avec départs réguliers
Des visites conférences avec accès à des salles fermées (dont Notre-Dame-Sous-Terre) sont organisées les week-ends et pendant les vacances scolaires pour découvrir l’abbaye de façon plus approfondie. Tarifs : 13 € / 9 €

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here