Imaginez que vos cours de philosophies aient commencé par « il était une fois… ». Que sous vos yeux, Sigmund Freud ait visité un étang avec une carpe ou qu’une chouette se soit posée sur l’épaule de Paul Ricoeur pour une conversation nocturne. C’est ce que vous proposent Les Petits Platons, la jeune maison d’édition ouverte en 2009 par Jean-Paul Mongin. La formule semble simple et pourtant elle est inédite : un philosophe et un illustrateur s’associent pour raconter la pensée d’un auteur en une soixantaine de pages. Le résultat est une série de petits bijoux complexes mais accessibles, qui s’adressent aux enfants de 9 à 14 ans (souvenez-vous tout de même que toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais que peu d’entre elles s’en souviennent…).


 
Les petits platons
 

Mine de rien, les Petits Platons réinventent le conte philosophique, ce genre littéraire né au XVIIIe siècle avec Zadig de Voltaire ou les Lettres persanes de Montesquieu, et dont on peut en voir les prémices dans les aventures des géants rabelaisiens, Gargantua et Pantagruel. Ils empruntent aux modèles ce savoureux mélange d’humour et de poésie mais abandonnent la virulence du propos et la critique contemporaine. Søren Kierkegaard, philosophe attitré du désespoir, devient ici le confident bienveillant d’une petite sirène en mal d’identité rencontrée sur le port de Copenhague. Le très controversé Martin Heidegger prête une oreille bienveillante à un cafard angoissé du fond de son cercueil. Sans prétendre apporter des réponses trop simples pour être honnêtes, les Petits Platons offrent « de bien savoir pour bien vivre », selon les jolis mots de Salim Mokkadem.

Alors, oui, il est plus facile d’aborder certains des auteurs avec quelques connaissances de base en philosophie. Les belles illustrations, simples et colorées, qui accompagnent les textes sont souvent une aide bienvenue à la lecture et un coup de pouce à l’imaginaire. Même pour les ouvrages les plus accessibles, les références sont toujours un petit plus : entendre Kierkegaard déclarer qu’« on ne nait pas homme entier, on le devient », clin d’œil assumé à Simone de Beauvoir, épice un peu la lecture. D’autres sourires entendus se cachent dans les livres des Petits Platons : on vous laisse les trouver et nous les envoyer !

Pour en savoir plus sur Les Petits Platons : http://www.lespetitsplatons.com/fr/

 

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Passionnée par l'histoire de l'art et l'économie de la culture, en résulte un faible pour les artistes maudits et les artistes rentables. J'aime les musées comme autant de résidences secondaires dont je me propose de vous faire découvrir ici quelques pièces. Pour le reste, je moissonne le champ des possibles.

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