Mary Cassatt, peintre, graveuse, et passeuse d’art

Née aux Etats-Unis, Mary Cassatt (1844 – 1926) se rendit rapidement en France, dès 1865, attirée par l’esprit avant-gardiste et l’univers des peintres de la capitale. Elle expose quelques tableaux au Salon de Paris et est remarquée par Degas, qui l’introduit auprès des impressionnistes et lui propose d’exposer au quatrième salon des impressionnistes. Nait alors une grande amitié entre les deux artistes, nourrie par la proximité de leur sensibilité artistique et de leurs intérêts : le goût pour l’asymétrie et les compositions audacieuses, la fascination pour les estampes japonaises.

Cassatt demeure proche du groupe des impressionnistes, exposant régulièrement dans leur salon et travaillant avec eux. Elle partage avec eux le goût pour la couleur et la recherche d’une forme nouvelle de réalisme, bien qu’elle conservera toujours un style propre, empreint d’une forme de lyrisme. Mary Cassatt a par ailleurs fortement participé à la diffusion de l’impressionnisme aux Etats-Unis, du fait de l’envoi de ses propres peintures dans son pays et grâce à son activité d’agent et de conseillère de grands amateurs d’art américains.

L’art de Cassatt est marqué par l’influence de l’impressionnisme et du travail des artistes parisiens avec qui elle travaille et se lie d’amitié. Il demeure toutefois singulier et surtout très mouvant. Artiste atypique, elle est l’une des seules américaines qui a pris part à l’avant garde parisienne du XIXème siècle et elle également a participé à rapprocher les amateurs d’art américains des artistes de la capitale française

 

 La Lettre (1890-1891)

La Lettre est une estampe représentant une femme assise à son secrétaire qui prépare une enveloppe. On retrouve ici le goût de Cassatt pour l’intime et le portrait. La femme est tout à sa tâche, les yeux baissés, presque fermés. Le visage, peint avec finesse et détails, est mis en valeur par la composition.

La correspondance demeure une activité centrale de la vie domestique du XIXème siècle, tout particulièrement pour les femmes qui ne travaillent pas. Au delà des échanges avec leurs amies et leur famille, elles doivent répondre aux invitations reçues et régler par courrier certains aspects de la vie de la maison. L’artiste choisit donc de représenter une activité du quotidien, avec toutefois une forme de solennité, qui donne un ensemble particulièrement captivant.

L’œuvre témoigne également de l’intérêt de Mary Cassatt pour l’estampe japonaise : la suppression du relief, la composition, avec une partie supérieure claire, presque vide, et le petit format de l’œuvre évoquent cette influence. Le visage de la femme, à la fois détaillé et comme peint de quelques traits noirs peut également rappeler les œuvres de l’uriyoe. L’œuvre a été réalisée entre 1890 et 1891, ce qui correspond par ailleurs à l’époque où Cassatt se prend d’admiration pour l’estampe japonaise d’Utamaro et de Toyokuni, ce qui aura une influence profonde sur son art.

La Lettre, de Mary Cassatt, est actuellement une propriété de la National Gallery of Art de Washington.

Passionnée par la littérature, la philosophie, l’histoire, l’animation japonaise et mille autres choses encore. Je cherche la poésie lovée au creux des choses. Car oui, « La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie » (Prévert).

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