Résumé :

Bernard Pivot est peut-être la personnalité française la plus connue parmi les amateurs de littérature. Défenseur de notre langue, il se bat pour que ne sombrent pas dans l’oubli des mots (avec son livre « 100 mots à sauver ») ou des expressions comme c’est le cas ici. Savez-vous, par exemple, ce que veulent dire les expressions « Courir le guilledou », « Changer de crémière », « Laisser pisser le mérinos » ou encore « Avoir un bœuf sur la langue » ?


 

Avis :

Bernard Pivot 100 expressions à sauver

Le français est sans nul doute une langue vivante, des expressions se créent mais d’autres laissent petit à petit leur place jusqu’à disparaître totalement des dictionnaires. Les 100 expressions présentées dans ce livre ne sont pas encore mortes, on en connaît même la plupart. Mais sait-on encore ce qu’elles veulent dire ? Et d’où viennent-elles ?
J’aime beaucoup ce genre de livre qui donne l’impression d’une agréable leçon d’histoire de la langue française. Bernard Pivot a eu la bonne idée de citer à chaque fois de courts extraits de livres où l’expression a été utilisée. L’occasion de la mettre dans son contexte mais aussi de rendre hommage à de grands auteurs (Colette, Céline, Blondin, Pagnol, Aragon, …).
Dans le même genre, je vous recommande aussi les « 100 mots à sauver » de Pivot, que j’avais beaucoup apprécié.
Blague à part, je vous fiche mon billet que les amateurs de littérature vont apprécier ce petit livre et puisque nous ne sommes pas dans une semaine de quatre jeudis, je plie les gaules !

 

Extrait :

 

Bouillon d’onze heures (le)

Le bouillon d’onze heures est tout simplement une boisson empoisonnée. Au début, c’est-à-dire à l’époque médiévale, il s’agissait d’un bouillon chaud (ou d’une tisane brûlante) servi juste avant son sommeil à une personne qui le buvait avec confiance et qui allait mourir dans les minutes ou les heures suivantes. Le bouillon d’onze heures désignera ensuite tout breuvage auquel une main criminelle aura ajouté une poudre mortelle.

« Il n’est jusqu’aux fameux bouillons d’onze heures de feu la reine Catherine qui ne soient évoqués. »
Pierre Combescot,
Faut-il brûler la Galigaï ?.

De légumes, de poule ou de pot-au-feu, le bouillon, surtout l’hiver, est une délicieuse entrée. Mais on ne saurait oublier que le bouillon figurait au menu du sabbat des sorcières. Si chacune avait sa recette, la chair du crapaud était appréciée de toutes. Est-ce en souvenir de ces repas du diable qu’on appelait bouillons pointus les lavements administrés avec des clystères ?
Qui boit le bouillon ? Soit un nageur maladroit, soit un industriel qui a fait de mauvaises affaires, ou un financier, un boursicoteur, de mauvais placements.

Hep !
Quand mon émission Bouillon de culture commençait très tard, à vingt-trois heures, je ne pouvais pas ne pas penser au funeste bouillon d’onze heures…

 
Note : 
 

2008 – 142 pages – ISBN : 978-2-226-14398-3
Bernard Pivot – Français

Article initialement publié sur le blog Art Souilleurs

 

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

5 COMMENTAIRES

  1. J’ai noté ce livre il y a déjà quelques mois, mais je ne l’ai toujours pas ajouté à ma pal. Ton billet me remémore un titre en train de se perdre dans les profondeurs de cette liste ! 😉

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