Dans la création d’une exposition, le métier de muséographe est essentiel pour parvenir à raconter le propos de la façon la plus claire et agréable possible pour le visiteur.

Comment devient-on muséographe ? A quel moment le muséographe intervient-il dans la construction d’une exposition ? Et quelles sont ses missions ?… Floriane Perot, muséographe pour Universcience, nous présente son métier et nous parle notamment de l’exposition Pasteur, actuellement présentée au Palais de la Découverte et sur laquelle elle a travaillé.

 

Pouvez-vous vous présenter et nous dire en quoi consiste le métier de muséographe ?

Je suis Floriane Perot et je suis muséographe à Universcience (établissement public qui regroupe le Palais de la Découverte et la Cité des Sciences et de l’Industrie), c’est-à-dire que je conçois les expositions temporaires ou permanentes qui sont ensuite présentées sur l’un de nos deux sites. Ce métier consiste à imaginer, à partir d’un sujet donné, ce que nous allons raconter au public, et comment. On conçoit un parcours, un fil narratif ou thématique, dans lequel on propose un certain nombre d’éléments dont nous définissons la forme. Pour délivrer tel message, est-ce que je vais plutôt utiliser un jeu (qu’on appelle ici « manip interactive »), un film, une installation immersive, un multimédia, un graphisme, une maquette ?… Nous nous attachons à rendre le propos accessible à tous (enfants, adultes, personnes en situation de handicap). Une fois cette étape de conception bien avancée, on va travailler avec des prestataires que nous choisissons via des consultations ou marchés, et qui ont les compétences dont nous avons besoin pour réaliser tout ce que nous avons imaginé : scénographe, graphiste, designer, réalisateur audiovisuel, maquettiste, manipeur, ensemblier, éclairagiste, concepteur et réalisateur multimédia… C’est donc un métier qui demande beaucoup de créativité et de recherche, mais aussi un sens pratique et une capacité de coordination importante !

Quelles études avez-vous faites pour arriver à ce métier ?

J’ai commencé par des études d’histoire et d’histoire de l’art à la Sorbonne à Paris (jusqu’au Master 1), puis j’ai terminé par un Master professionnel en management des organisations culturelles à Paris-Dauphine. J’ai fait pendant toutes mes études un certain nombre de stages (en centre d’art, galerie d’art, monument historique, service culturel d’une ambassade à l’étranger et service d’expositions) qui m’ont permis de me forger une idée assez claire de ce que je voulais faire.

A quel(s) moment(s) de la conception d’une exposition intervenez-vous ? Quel est votre rôle auprès des commissaires d’exposition ?

Je peux intervenir dès le début d’un projet, au démarrage de la conception de l’exposition, ou bien intégrer une équipe une fois que le projet est un peu avancé et qu’on commence à travailler avec des concepteurs, pour préparer la phase dite de production : là il s’agit de finaliser les scénarios des différents éléments pour les faire réaliser, et suivre les étapes de réalisation. C’est une phase cruciale, car il faut bien vérifier que le propos et les idées du départ ne se perdent pas à cause des nombreuses contraintes techniques, qui sont indispensables quand on imagine que plusieurs dizaines de milliers de visiteurs vont déambuler dans l’exposition ! A Universcience, nous travaillons en équipe de muséographes (nous sommes 2 à 4 muséographes pour un projet), et l’un d’entre nous est désigné commissaire : le projet est toujours le résultat de ce travail d’équipe. Ce sont toujours les muséographes qui définissent les contenus et écrivent les textes de l’exposition, en s’appuyant sur un comité d’experts scientifiques qui les valident.

Quels sont les aspects de votre métier que vous préférez ?

J’aime beaucoup le travail en équipe, et le moment où on voit nos idées qui se concrétisent grâce au savoir-faire et au talent des différents intervenants que nous avons sélectionnés. Une exposition, c’est réellement une œuvre collective, on fait beaucoup de rencontres, notre métier est de mettre ensemble des personnes qui vont tricoter ensemble quelque chose, et à la fin cette œuvre sera éprouvée par plein de personnes encore différentes. Je crois que c’est cet aspect-là que je préfère.

Vous avez travaillé sur la muséographie de l’exposition Pasteur qui vient de commencer au Palais de la découverte, quel a été le challenge autour de cette exposition ?

Le challenge était de traiter un sujet assez sérieux voire poussiéreux, dans une veine plus contemporaine et amusante. C’est pourquoi nous avons cherché à faire rentrer le visiteur dans l’univers du théâtre, qui porte l’idée de spectacle. Nous avons travaillé avec des artistes (notamment des réalisateurs audiovisuels différents) pour proposer un regard nouveau, et avons vraiment voulu que le public découvre que Pasteur s’est intéressé à des tas de domaines liés aux questions industrielles de son époque, en suivant le fil conducteur de cette pièce de théâtre en 6 actes.

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Un grand merci à Floriane Perot pour ses réponses. L’exposition Pasteur est à voir jusqu’au 19 août, on vous la recommande vivement !

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