Interview de l’écrivain Romain Monnery

Romain Monnery Libre seul et assoupiIl y a quelques semaines, je vous parlais sur ce blog d’un roman de la rentrée littéraire qui m’avait beaucoup plu : Libre, seul et assoupi de Romain Monnery.

Dans ce roman plein d’humour, nous découvrons l’histoire d’un jeune homme bien particulier. En effet, « Machin » – comme on l’appelle – utilise toute son imagination pour… ne rien faire ! Son passe-temps favori c’est d’échapper à toute activité susceptible de le fatiguer. Malheureusement pour lui, la procrastination a ses limites et sous la pression de ses amis ainsi que de son compte en banque, il va devoir se remettre en question.

Après avoir échangé quelques mails avec Romain Monnery, l’écrivain a accepté de répondre à quelques-unes de mes questions.


 

Romain MonneryPeux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis un amas de bien peu de choses constitué entre autres de quasiment trente ans, quelques dettes, une dépendance à la junk food, un certain degré d’immaturité, des antécédents de coupe mulet, une collection de pin’s inachevée et, surtout ,un certain don pour la sieste inopinée.

 

Qu’as-tu fait comme études et qu’a été ton parcours jusqu’à présent ?
J’ai fait des études de langues qui me sont toujours restées étrangères avant d’enchaîner sur un an de stages plus ou moins sabbatiques et d’un Master 2 d’infocom (ça veut dire flute à bec en moldave). Bref, j’ai un peu brassé du vent, quoi.

 

Si je ne me trompe pas, « Libre, seul et assoupi » est ton premier roman. Quand est née l’envie d’écrire ce livre ? As-tu mis longtemps à le rédiger et as-tu eu du mal à trouver un éditeur ?
Oui, tu ne te trompes pas. Même si ma mère soutiendra le contraire en affirmant que mon premier roman date de l’année 1988 où j’avais envoyé une lettre au père noël pour lui démontrer par A + B que je méritais de recevoir le jeu de société Les Mystères de Pékin, mon premier essai reste Libre, seul et assoupi. L’envie d’écrire cette histoire remontait à longtemps mais je m’étais toujours trouvé des alibis en béton pour remettre l’ouverture du chantier au lendemain. Et puis, le chômage aidant, j’ai fini par m’y mettre sérieusement dans le cadre d’un plein temps (partiel) organisé en fonction des horaires de diffusion des émissions de télé réalité. Au bout du compte, il m’aura fallu à peu près un an pour en venir à bout. Quant à la recherche d’un éditeur, j’avoue que ça a été assez vite. Depuis le départ, j’avais ciblé le Diable et Le Dilettante et, par chance, le Diable m’a proposé un pacte que je me suis empressé de signer.

 

Le sujet du chômage chez les jeunes est plus que jamais d’actualité même si le sort de « machin » est un peu hors normes. Est-ce que le sujet t’a été inspiré par ce que tu peux voir autour de toi ?
Prétendre que j’ai fait preuve d’originalité sur ce coup serait mentir. Avant toute chose, c’est fatalement mon expérience et celle de mes proches qui m’ont inspiré ce sujet. Autour de moi, tout le monde a plus ou moins suivi le même parcours hyper ritualisé qui s’est conclu, pendant un temps du moins, par la même équation : stage + stage + stage = chômage. Après, j’imagine aussi que c’est le milieu (celui des médias) qui voulait ça mais bon, voilà, j’ai tenté d’écrire sur ce que je connaissais : la précarité, la paresse et le cheval d’arçon (c’est pour voir si tu suis).

 

Finalement, derrière le côté humoristique du livre, n’y-a-t-il pas une vision assez pessimiste du monde actuel ainsi qu’une peur de quitter trop vite la jeunesse ?
Si, totalement. C’est le constat d’un personnage désabusé de voir sa jeunesse le quitter alors que l’âge adulte ne l’a pas encore effleuré. Ballotté entre deux sentiments contradictoires, il ne sait pas s’il doit s’en amuser ou s’en désespérer. Alors il fait les deux. Par ailleurs, c’est aussi (et surtout) une thématique propre aux auteurs contemporains que j’admire comme Guillaume Clémentine, Guillaume Tavard et Giuseppe Culicchia.

 

Comment vis-tu la sortie de ton livre et des critiques qui vont avec ?
Je la vis avec la peur au ventre, lui-même rempli de paranoïa, de corn flakes et d’estomac noué. De toute façon, si jamais une critique belliqueuse venait à me tomber sur la tête, ma nature fataliste m’enjoindrait à hausser les épaules et lui donner raison.

 

D’après les avis que j’ai pu lire, ton livre semble plutôt bien accueilli, y-aura-t-il un deuxième roman à venir ?
Si la paresse en charge de mon emploi du temps m’en donne l’occasion, je l’espère. J’aimerais écrire un livre de science fiction sur un homme ayant le pouvoir de se transformer en grille pain.

 

Pour finir cette « mini-interview », as-tu quelques mots à ajouter ?
Un grand merci (et pardon pour ces blagues au pédigrée douteux).

 

Merci à Romain Monnery d’avoir pris le temps de me répondre. Libre, seul et assoupi est disponible depuis le 19 août dernier chez tout bon libraire aux éditions du Diable Vauvert.

Article initialement publié sur le blog Art Souilleurs

 

Antoine Vitek

Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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7 commentaires

  1. montel dit :

    Entendu parler du bouquin un soir tard sur France Inter (lors d’une rediffusion d’escale estivale)je l’ai lu, aimé,l’ai offert à un neveu que j’ai reconnu dans les propos de l’auteur et recommandé à mes filles et aux enfants de mes amis tous bac+5 (Masters biologie, sport, info com, tourisme durable!etc…) et tous en recherche d’emploi, certains deviennent explorateurs, gisants, chiens,vendeurs de fromages, « c’est quoi un master? » leur demande t-on au pôle emploi…alors merci à Romain Monnery ce jeune homme à l’humour nonchalant de nous avoir fait rire sur un sujet qui tous les jours nous désespère.

  2. Antoine dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec toi, le pôle emploi m’a fait le même coup ! ^^
    Donc oui, merci à Romain, ça fait du bien de lire ça 🙂

  3. myriam dit :

    okokok je tiens a m’excuser de mes propos d’avant ! avant de dire que c’est une honte je devrais peut etre tourner 10 fois mes doigts sur le clavier avant de taper n’importe quoi… J’etais en colere parce que je pensais que l’auteur se moquait de ceux qui galeraient a trouver un emploi et que le personnage pouvait abuser tranquillement du RMI salors que d’autres mangent des patates en fin de moi !

    PARDON !!! je viens de lire l’interview et je comprends mieux le sens de ce livre !
    enfin pour dire j’adore toujours l’ecriture par contre de l’auteur !

  4. seb dit :

    j’ai fini le livre la semaine derniere et j’ai adoré. il se lit tellement bien qu’il m’a valu deux nuits bien raccourcies repoussant de chapitre en chapitre la mise en place du marque page.

  5. Antoine dit :

    Ah je suis content si ça t’a plu ! 🙂

    Peut-être que Machin s’appelle Benjamin, depuis le temps…

  1. 22 décembre 2010

    […] Consultez l’interview de Romain Monnery. […]

  2. 25 novembre 2015

    […] avec : Charlotte Le Bon, Baptiste Lecaplain, Félix Moati, Denis Podalydès réalisateur : Benjamin Guedj compositeur : Mathieu Lamboley œuvre originale : Romain Monnery […]

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