Résumé :

Alors qu’en période de crise certains jeunes diplômés ne ménagent pas leurs efforts pour trouver un emploi, « Machin » – comme on l’appelle – utilise toute son imagination pour… ne rien faire ! Son passe-temps favori c’est d’échapper à toute activité susceptible de le fatiguer. Mais la procrastination a ses limites et sous la pression de ses amis et de son compte en banque, il va lui falloir se remettre en question.


 

Avis :

Romain Monnery Libre seul et assoupi

Tout d’abord, je dois remercier Libfly ainsi que le Furet du Nord pour m’avoir fait parvenir ce livre. Comme vous allez le voir, « Libre, seul et assoupi » m’a beaucoup plu, aussi je tiens à signaler que cette appréciation est sincère et que je n’ai eu aucune pression de la part de Libfly, du Furet du Nord ou de l’éditeur pour rédiger cet avis

Dès les premières pages je ne pouvais pas être insensible à ce livre. Alors que je finis mes études cette semaine, Machin vient de décrocher son bac+5. Mais au lieu de chercher un emploi, il va faire ce qu’il apprécie le plus : ne rien faire ! Tout au long du livre nous allons donc apprendre sa philosophie et sa vision de la liberté qui consiste à en faire le moins possible et à être seul. Malgré tout, il faut bien se nourrir et avoir un toit alors il va devoir petit à petit évoluer et « devenir grand ».
Romain Monnery nous livre ici une histoire pleine d’humour dans un style qui multiplie les jeux de mots habiles. Mais derrière cette facette amusante, c’est finalement une vision assez réaliste de notre société qui apparaît, où trouver un logement ainsi qu’un emploi est parfois mission impossible quand on débute, y compris pour les plus motivés. Car Machin, bien qu’expert de la procrastination, n’est pas dépourvu d’intelligence et porte un regard réfléchi sur notre monde.
C’est un livre très agréable et amusant à lire qui devrait beaucoup plaire aux étudiants et aux jeunes actifs. S’il se trouve que l’anagramme de « la crise économique » est « le scénario comique », ce livre nous en donne la preuve : même dans une période difficile on peut trouver de quoi rire.

 

Extrait :

 
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– Je crois que j’ai envie de travailler, me dit-il un jour.

– Tu ne peux pas dire ça, répondis-je. On n’est pas bien, là ?

– Non. J’ai besoin de voir des gens, j’ai besoin de me sentir utile. Il me faut un boulot. Tu comprends ?

De nature, je comprenais bien les choses. Mais ça, non; Travailler me paraissait être le meilleur moyen de grandir. Et devenir adulte me paraissait être la dernière des choses à faire en ces temps difficiles.

– Tu ne veux pas en profiter encore un peu ? lui dis-je.

– Mais de quoi ?

– Mais de la vie, de l’insouciance, du bonheur, quoi !

– Quel bonheur ?

– Ben, le nôtre ! Celui qu’on a là, à rien faire.

– Mais t’appelles ça être heureux, de rester enfermés toute la journée ? Moi j’appelle ça être mort.

La question de Bruno me fit réfléchir. Me vint à l’esprit la phrase de Pascal selon laquelle l’homme avait cessé d’être heureux le jour où il avait voulu en sortir. Ou un truc dans le genre.

– En tout cas, lui dis-je. On peut pas dire qu’on est malheureux. Tiens, regarde : ils repassent La Grande Vadrouille sur le câble !

– Je m’en fous, c’est pas ça le problème. J’en ai marre de cette vie. C’est pas mon truc.

– Alors tu veux faire quoi ?

– Gagner de l’argent.

– De l’argent ? Mais ça changerait quoi ?

– Ca changerait tout.

– Mais c’est des idées, ça ! C’est ce qu’on dit dans les pubs et à l’ANPE. Tu peux me dire en quoi c’est gênant de pas être riche comme un pharaon, hein ?

– Les pharaons mangent pas des pâtes, voilà ce que ça change !

– Eh ben, t’aimes pas ça les pâtes ?

– Nan ! J’en ai marre des pâtes ! J’ai passé l’âge de ces conneries d’étudiant. Le syndrome Peter Pan c’est ton truc, pas le mien. Moi j’ai envie de grandir. Etre adulte. Etre un homme.

Les propos de Bruno me firent l’effet d’un uppercut. Lui et moi étions différents, je le savais. Mais nous avions en commun de redouter l’avenir. Nous ignorions ce que faire sa vie signifiait et cultivions des idéaux de l’enfance.

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Note : 
 

Consultez l’interview de Romain Monnery.

« Libre, seul et assoupi » paraîtra le 19 août 2010 aux éditions Au Diable Vauvert.

2010 – 292 pages – ISBN : 978-2-84626-251-4
Romain Monnery – Français

Article initialement publié sur le blog Art Souilleurs

 

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

23 COMMENTAIRES

  1. Clara -> les autres que j’ai reçu je ne sais pas trop pour le moment, j’en ai commencé un second qui est assez bof. Par contre Violaine est contente on a reçu le prochain Claudie Gallay (auteur qu’elle aime bien). Pour les autres livres vu qu’il n’y a pas de résumé en général je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Wait & see !

  2. Tiens j’ai repensé à toi la semaine dernière Antoine car Romain Monnery était l’un des invités de Micro-fiction sur France Inter pour parler de son livre. 😉

  3. je viens de terminer ce livre bien ecrit mais qui cependant agace par sa longueur et ses repetitions tout au long du roman. Machin est le contre exemple de tous les jeunes qui cherchent du travail, Tous les patrons ne demandent pas une fellation pour avoir un poste sinon nous aurions beaucoup plus de peep show sur paris ! cependant Romain Monnery a une belle ecriture dommage qu’elle soit baclée par la fin de ce roman.

  4. encore moi ! je suis preneuse de l’adresse de ce conseiller qui offre le RMI comme des patilles de menthe et se réjouit de tomber sur un jeune qui ne veut absolument rien faire de sa vie! si abtenir le RMI etait aussi simple nous serions tous devant leur bureaux.
    Quand on veut trouver du boulot on en trouve (je sais de quoi je parle je bosse depuis plus de 20 ans)Machin lui ne veut pas travailler et ce roman adhere de vivre au crochet de l’etat. je ne trouve rien de drole dans ce roman qui se permet de faire de son personnage un jeune homme avec un poil dans la main et qui se vante de toucher le RMI aussi facilement. une honte pour tout ceux qui galère et qui bouffe des patate tous les fins de mois pour joindre les deux bouts !

  5. Evidemment que ce roman n’est pas représentatif, je ne l’ai pas du tout pris comme ça et je ne pense vraiment pas que ce livre est fait pour inciter les gens à vivre du RMI.
    Je l’ai vraiment pris comme un livre humoristique, ce n’est (je pense) pas du tout fait pour être lu au premier degré.

  6. Le commentaite de Myriam m’incite à changer d’avis et à lire ce livre. Ce personnage qui refuse d’être un larbin au service du grand capital me plaît beaucoup. Le fait est qu’on gagne autant à ne pas travailler qu’à toucher le SMIC : il n’a pas tort, après tout. Et franchement, le jour où les chômeurs, précaires et travailleurs arrêteront de chercher un boulot à tout prix et de tout accepter, les patrons auront du souci à se faire… Par contre, je trouve bête de ne rien faire de sa vie, je connais des gens qui ne bossent pas et qui font des tas de choses à côté.

  7. Bonjour, je découvre votre blog suite à celle de celui de Simone de Bougeoir. Je n’ai pas d’avis sur ce livre pour l’instant. En revanche, puisque votre blog se nourrit de commentaires j’en profite pour laisser mes coups de coeur pas très récents : Iain Levison pour le rapport (très) difficile aux petits boulots après la fin de ses études littéraires, bourré d’humour également mais lui envisage plutôt le braquage comme recours à sa situation. Le premier roman de Frédéric Ciriez. Mais aussi l’oeuvre de Marco Denevi, et tout particulièrement Rosa, ce soir. Voilà je m’en vais faire ce pas (si je puis dire) plus ample découverte de votre blog. Bonne soirée.

  8. Un peu dans la même veine (un jeune diplomé face au monde du travail et aux valeurs de réussite en cours), et même si j’ai bien aimé le livre de Romain Monnery, j’ai préféré « Qu’avez vous fait de moi ? » de Erwan Lahrer. Plus engagé, plus thriller, un style plus percutant.

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