Eric Chevillard – L’autofictif prend un coach

S’il y a un blog que j’adore, c’est bien celui d’Eric Chevillard : l’Autofictif. Depuis près de 5 ans, l’écrivain y dépose chaque jour trois pensées et c’est un vrai régal d’aller le consulter régulièrement pour découvrir ses aphorismes tantôt poétiques, drôles, tendres ou caustiques.

Mais voilà, par manque de rigueur il m’arrive parfois d’oublier d’y aller pendant quelques temps et de passer à côté de certain de ses bons mots. Heureusement, et pour mon plus grand plaisir, Chevillard publie chaque année l’intégralité d’une année de ses petites pensées, me permettant ainsi de suivre une séance de rattrapage !

Eric Chevillard - L'autofictif prend un coachPour ce quatrième tome, Eric Chevillard a laissé de côté le noir habituel qui servait de couverture aux 3 premières années de l’Autofictif pour un rose pétant. Je me souviens avoir lu sur son blog qu’il espérait ainsi rendre son livre plus visible dans les rayonnages des librairies. Si je n’ai pas été particulièrement convaincu par ce choix de couverture, le contenu est toujours de très grande qualité. Cette année, l’autofictif prend un coach : une fée censée aider Eric Chevillard à trouver les clefs du succès :

 

On ne sera donc pas surpris – car, bien sûr, j’accepte les offres de services de ma fée avec empressement, avec reconnaissance – si bientôt, la pauvre citrouille sur laquelle, tel un ours sur un ballon, j’essaie de progresser dans la carrière des Lettres se change en un carrosse doré, mené à grande vitesse par quatre chevaux blancs.

 

Je ne sais pas si Chevillard a réussi à transformer sa citrouille en carrosse mais une chose est sûre : il n’a rien perdu de son talent. Je ne peux donc que vous exhorter à le lire et, histoire de vous convaincre, je vous laisse avec quelques morceaux choisis…

 

Extraits :

Non seulement je serai mort, mes pauvres amis, mais en plus la vie continuera.

Certainement, je ne serais pas un tel coureur de jupons s’ils ne prenaient à chaque fois la fuite.

Tout le monde sait que le héros ressuscite à la fin et, pour ma part, j’en veux un peu aux premiers lecteurs du Nouveau Testament de n’avoir pas su tenir leur langue ni penser un peu aux futurs lecteurs pour lesquels cette absence de suspense, il faut bien l’avouer, ruine à peu près complètement l’intérêt du bouquin.

Mes visiteurs s’étonnent toujours de l’extraordinaire limpidité de mes vitres. Voici mon secret : je les fais laver intérieurement par un exhibitionniste et extérieurement par un voyeur.

Avant de prétendre que l’amour ne peut durer toujours, il serait honnête de se demander si nous sommes assez aimables pour être aimés toute une vie.

Tu serais une femme de chambre et, moi, le patron du FMI… Je sais… c’est un petit jeu sadique, mais qui aura réenchanté ces jours derniers bien des conjugalités moroses.

Pourrait-on cesser de m’informer heure par heure de l’état de santé de monsieur Jean-Philippe Smet ? Un bulletin décennal de quelques lignes enrobant une orangette ou un nougat satisferait pleinement ma curiosité à cet égard.

Puis, quand il en fut las, Roméo déplia sous le balcon de Juliette la grande échelle d’incendie et monta lestement éteindre sa flamme.

 
Note : 

2012 – 290 pages – ISBN : 9-782916-1417-94
Eric Chevillard (1964) – Français

 

Antoine Vitek

Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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