Didier Pleux – Françoise Dolto, la Déraison pure

Résumé (quatrième de couverture) :

Didier Pleux entreprend la «déconstruction existentielle», selon le terme de Michel Onfray, de Françoise Dolto. Il croise sa vie et son oeuvre, sa théorie, sa pratique et ses prises de position pour dresser un portrait sans concession de cette figure emblématique de la psychanalyse de l’enfance et dénoncer la «pensée Dolto» qui fait indéfectiblement foi dès que l’on parle aujourd’hui d’éducation. Un regard sur le concret qui nous permet de juger (ou de rejuger) l’oeuvre. Autonomie totale de l’enfant, permissivité, refus de l’autorité, responsabilité parentale au moindre problème, ne pas frustrer, ne pas brider, ne pas sanctionner… Laisser faire l’enfant : tel était l’unique mot d’ordre de Françoise Dolto. Son discours, construit contre et au détriment des parents, des éducateurs, des enseignants, imprègne depuis des dizaines d’années tous les débats sur l’éducation. Il n’est pas étranger au développement de la génération des enfants-rois.


 

Avis :

 

Pleux Dolto la déraison pureD’entrée, le ton est donné puisque c’est Michel Onfray qui préface cet essai. Que ceux qui adorent le Dieu freudien Psychanalyse s’abstiennent de poursuivre leur lecture, que ceux qui vénèrent Dolto également.

Dans ce portrait sans concession de celle qui créa et théorisa l’enfant roi, Didier Pleux s’amuse à démystifier le parcours doltonien : enfance pas si malheureuse que cela, passé trouble aux accents vichystes, cure psychanalytique aboutissant sur une foi inconditionnelle en Freud… Bref, un syncrétisme singulier à l’origine de la fabrication de l’enfant roi, ce petit être intolérant à la frustration et auquel le système doit s’adapter. Avec force démonstration et anecdotes, Didier Pleux nous explique comment Dolto transfère sur l’éducation ses croyances psychanalytiques et comment celles-ci la conduisent à la « déraison pure » et à être « hors réalité ». Il étudie notamment ses rapports avec ses propres enfants, Jean-Chrysostome, plus connu sous le nom de Carlos, Grégoire et Catherine, mais aussi avec ses parents avec lesquels Dolto n’est pas tendre.

Un livre intéressant et instructif, pour lecteurs avertis, et qui a au moins le mérite de donner envie de (re)lire Dolto pour se faire sa propre opinion.

 

Extrait :

 

Françoise Dolto a donc bien du mal avec la réalité. Parfois dans le « déni » puisqu’elle ne semble pas voir les faits, parfois dans la « projection » quand elle condamne chez les autres ce qu’elle ne comprend pas de sa problématique, souvent dans le « déplacement » lorsqu’elle transfère sur l’éducation ses croyances psychanalytiques, et toujours dans l’ « intellectualisation » avec son souci de théoriser ses ressentis les plus profonds. Bref, nous sommes bien en présence des mécanismes de défense tels que nous les décrivent les psychanalystes. Ces mécanismes sécurisent leur auteur pour lui épargner de voir le réel.

C’est en ce sens que j’ai osé parler d’analyse ratée chez Françoise Dolto. Sa psychanalyse avec Laforgue et son auto analyse permanente ne lui ont pas permis de mieux se connaître et d’accepter les autres et la réalité tout court ; bien au contraire, elle semble progressivement élaborer une toute autre réalité. Le risque est grand de « rationaliser » le réel et d’entrer ainsi dans un monde des plus irrationnels. Bien sûr, quelquefois, Françoise Dolto nous montre un solide « bon sens » (d’où son succès médiatique), mais son réalisme va toujours céder devant ses croyances psychanalytiques.

 
Note : 
 

2013 – 186 pages – ISBN : 978-2-7467-3505-7
Didier Pleux – Français

Editions Autrement

 

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2 commentaires

  1. Toto dit :

    Ce n’est pas de la culture, c’est du labourage intensif. Et dire que ça va se vendre…

  2. Jacques Echavel dit :

    Dolto, et surtout les interprétation qu’on en fait, n’est peut-être pas défendable en tout point. Encore faut-il ne pas confondre par exemple « L’enfant n’a pas tous les droits, mais il n’a que des droits », ce qui n’est pas du tout la même chose. Lorsqu’elle dit que les parents n’aient aucun droit sur sa personne, on ne peut qu’être d’accord. J’insiste sur l’expression « sur sa personne ». Eh bien non, en effet, personne n’a de droits sur la personne d’un enfant. Le droit de le guider voire de le punir certes, et cela fait même partie des devoirs des parents, c’est à dire des droits sur ses conduites. Mais pas sur sa personne.
    Par ailleurs, un peu de logique: voici MM Pleux et Onfray qui parlent à son propos d’analyse ratée. Mais comme ils ne reconnaissent pas la pertinence de la psychanalyse, que serait donc selon eux une analyse « réussie »? Il y a là quelque chose de logiquement un peu bizarre.
    OK, M. Onfray annonce par avance qu’il y aura des critique de ce livre. Cela suffit-il à le valider?

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