© ADAGP Paris 2007 - 1923
© ADAGP Paris 2007 – 1923

Lors d’une récente visite au Musée des Beaux-Arts de Lyon, j’ai découvert ce tableau de l’artiste Alexei von Jawlensky intitulé « Tête de femme, « Méduse » Lumière et Ombre », peint en 1923. Alexei von Jawlensky (1864-1941) est un peintre expressionniste d’origine russe, qui fut un ami du célèbre Wassily Kandinsky.

J’ai été frappée par cet immense visage de femme, qui vous happe avec ses grands yeux noirs, disproportionnés, qui évoquent le regard pétrificateur de la Méduse. Le tableau s’inscrit en effet dans la série des « Têtes mystiques » et des « Faces de Sauveur » du peintre.

L’artiste s’inspire ici de la représentation des icônes orthodoxes, notamment russes, qui nourrissent sa fascination. A la manière de ces icônes, le visage est représenté de manière schématique et caractérisé essentiellement par le nez, les sourcils, les yeux et les cheveux. L’artiste établit un certain lien entre le pouvoir d’attraction que lui inspire les icônes et le pouvoir de la Méduse.

L’effet produit par ce tableau est aussi dû au travail sur les couleurs. Le peintre use de couleurs primaires saturées qui, juxtaposées, créent un puissant effet de contraste. Une nouvelle fois, le regard du spectateur est porté au niveau des yeux où sont concentrées les couleurs les plus lumineuses et plus chaudes. Par ailleurs, si les traits noirs demeurent nets, la délimitation entre les zones de couleurs sont plus floues, notamment autour du visage, pour symboliser la chevelure. Ceci renforce l’effet « d’apparition » des traits du visage et le focus vers les yeux.

Malgré un format modeste, cette peinture exerce un véritable pouvoir de fascination. Elle « saute aux yeux » dans la salle lorsque vous rentrez.  En quelques traits et à travers un jeu sur les couleurs, le tableau représente et incarne le pouvoir d’attraction de la Méduse de manière symbolique, le réduisant à son essence, à son expression la plus épurée.

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Passionnée par la littérature, la philosophie, l’histoire, l’animation japonaise et mille autres choses encore. Je cherche la poésie lovée au creux des choses. Car oui, « La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie » (Prévert).

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