Un auteur du XIXe siècle, une bonne dose de dérision… Ajoutons à cela une demande en mariage tout ce qu’il y a de plus traditionnel et un recouvrement de dette houleux : voilà les ingrédients d’un spectacle d’un tout à fait savoureux !

Lorsqu’on évoque Tchekhov, on pense par exemple aux Trois Sœurs, et pas nécessairement à ses œuvres plus légères. Nous allons pourtant ici vous parler de deux pièces comiques de l’auteur russe, absolument réjouissantes, surtout lorsqu’elles sont servies par des comédiens enthousiastes ! Les deux œuvres, datant toutes deux de 1888 nous séduisent par leur texte enlevé et pleins de charme rieur. L’énergie prodigieuse des acteurs nous tient en haleine et rend merveilleusement compte de l’intensité dramatique de situations apparemment banales, voire anodines. Mais le dramaturge sait rendre comme personne le tragi­-comique qui affleure dans le quotidien de tout un chacun.

Un jour, un petit propriétaire terrien, tout à fait rustre, véritable « ours », fait irruption dans le deuil très suivi d’une jeune veuve vertueuse et raffinée… Il vient réclamer une dette que lui devait son défunt mari. Entre les deux énergumènes, le serviteur Louka ne sait plus où donner de la tête. Car lorsque les esprits s’échauffent, tout peut arriver ! Les pires insultes fusent mais si la veuve Popov ne fut pas mariée  jadis pour le meilleur, il se peut que ce ne soit pas le pire qui l’attende au tournant d’une sombre affaire d’avoine… Nous vous laissons le plaisir de découvrir le dénouement étonnant de la situation rocambolesque dans laquelle s’embarque les deux principaux protagonistes !

Pris dans un engrenage similaire, de ceux où les mots dépassent le fond de la pensée, les deux jeunes gens d’Une demande en mariage se déchirent avant même de s’aimer. Encore une fois, on sent chez Tchekhov, grand nouvelliste également, l’art de la chute maîtrisée. L’avènement de l’amour au beau milieu de tempêtes qui en paraissent d’autant plus dérisoires montrent la sympathie que l’auteur a pour ses personnages, pourtant ridicules chacun dans son genre. Car lorsqu’au plus fort d’anciennes querelles de voisins, on s’aime comme Roméo et Juliette, -la fin dramatique en moins-, il faut tout de même en être attendrissants.

Durant ce spectacle qui forme un diptyque, le spectateur se retrouve suspendu aux lèvres des acteurs, sans s’ennuyer une seule seconde, pris comme il est par le jeu de la surenchère, performée avec beaucoup d’énergie et de talent, il faut l’avouer. La compagnie MOTEMA nous offre une belle façon de (re-)découvrir la part comique du grand Tchekhov, une occasion qu’il serait dommage de ne pas saisir ! Nous pouvons d’ores et déjà vous assurer que ce sera pour votre plus grand plaisir.

 

Informations pratiques :

 

Théo Théâtre
20, rue Théodore Deck

Du 11 janvier au 22 février,
tous les dimanches à 17h30,

Avec : en alternance, Anthony Digne, Alexandre Bonneau, Émilie Lecouvey, Philippe Branet, Delo, Julien Commo, Jean-Luc Poncy, François Nervioz, Eugénie De Bohent, Anne Levallois, Maud Stievenard.

 

Comments to: Tchekhov au Théo Théâtre, ou quand l’amour triomphe dans l’humour

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