La Souabe, c’est trop swag. Ulm, Augsbourg, Ravensburg, voilà des noms rugueux qui dissimulent une douceur artistique insoupçonnée sur laquelle le Musée de Cluny a décidé de lever le voile dans sa nouvelle exposition.

 

L'enfant Jésus Sud de la Souabe
L’enfant Jésus
Sud de la Souabe, vers 1480-1490 (attribué à l’atelier d’Ivo Strigel)
© Kunstsammlung Zweckverband Oberschwäbische Elektrizitätswerke (OEW) / photo haus für fotografie Ravensburg, Karin Volz

 

Le plus chouette musée de Paris, d’après un classement personnel universel, propose actuellement une petite exposition autour de la production de sculptures dans le sud de l’Allemagne de la fin du XVe au début du XVIe siècle. La présentation côte-à-côte d’œuvres jusqu’ici dispersées dans plusieurs musées donne lieu à une belle démonstration de l’unité artistique de ces sculptures. La richesse de la polychromie et les expressions particulières des visages offrent une plongée dans un univers plein de délicatesse, de grâce et d’humanité.

 

La Sainte Famille Sud de la Souabe (Lux Maurus ?), vers 1510-1520 Tilleul polychromé Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge © Rmn-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi
La Sainte Famille
Sud de la Souabe (Lux Maurus ?), vers 1510-1520
Tilleul polychromé
Paris, musée de Cluny – musée national du Moyen Âge
© Rmn-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi

 

La majeure partie des œuvres sont évidemment destinées à orner les églises, bien souvent de toute l’Europe après de longues pérégrinations, mais l’adoption des codes vestimentaires du XVIe siècle fait de ces sculptures d’extraordinaires témoins de leur temps. Le traitement novateur des drapés et du mouvement donne à ces œuvres une vie dont la fraîcheur peut difficilement laisser insensible. A travers les œuvres présentées, que l’esthétique seule permet d’apprécier, le Musée de Cluny développe une présentation actuelle et pointue de l’état de la recherche sur les sculpteurs de cette région. En effet, ces sculptures ont au cours du temps été oubliées, bien que très appréciées des collectionneurs du XXe siècle. Cette exposition est une belle et rare occasion de découvrir les enjeux contemporains d’œuvres du passé qui ont encore mille secrets à révéler et mille rêveries à susciter.

 

Saint Martin Haute Souabe
Saint Martin
Haute Souabe, vers 1520
Tilleul polychromé
Saumur, Musée des Arts Décoratifs
© Martine Beck-Coppola

 

Informations pratiques :

 

Musée de Cluny
6, place Paul-Painlevé (Paris, 5e)

Jusqu’au 27 juillet 2015
Tous les jours, sauf le mardi, de 9h15 à 17h45

Tarif plein : 9 € / Tarif réduit : 7 € / Gratuit pour les moins de 26 ans

 

Fils posthume, caché et renié du Régent et de la Mère Angélique Arnauld, j’en ai hérité certains traits de caractère. Amateur d’art contemporain (c’est Antoine qui m’a dit de mettre ça), d’humour potache et de littérature latine. Je n’aime pas les gens qui commencent leurs phrases par « Vous n’êtes pas sans ignorer… »

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