Résumé :

Elias Oberer vient d’apprendre que sa grand-mère a mis fin à ses jours. Il accueille avec soulagement le départ de cette femme culpabilisante dont il n’a jamais été très proche. Se rendant à Poitiers pour organiser les funérailles, il comprend que sa grand-mère a choisi Yom Kippour, le jour du grand pardon, pour se donner la mort, chargeant son acte d’une forte valeur symbolique.

Au fil des chapitres, nous découvrons qu’Elias est le descendant d’une famille juive dont les petites histoires ont douloureusement côtoyé la grande. Il y a Moshe Herschel, son arrière-grand-père qui fait face au dur traitement infligé par les soldats du Tsar en Pologne puis qui voit sa famille décimée par la barbarie nazie. Paul Serré, son grand-père, vit sa jeunesse sous l’occupation et découvre avec crainte son goût pour les hommes. Quant à Emmanuelle Serré, sa mère, c’est une jeune femme pleine de vie dans la France des années 60 mais voit son entrain stoppé trop prématurément par un cancer.


Samuel Doux - Dieu n'est même pas mortAvis :

Je me souviens d’un essai de Kundera qui décortiquait une citation de Céline : « Ce qui nuit dans l’agonie des hommes, c’est le tralala, l’homme est toujours quand même en scène ». Le tralala étant cette sorte d’autosatisfaction que les survivants tirent d’un drame, jouant sur leur côté victime pour attirer l’attention sur eux. La grand-mère d’Elias est un peu dans ce cas, elle cherchait – en vain – à capter l’attention de son petit-fils en parlant de son histoire douloureuse. C’est donc presque avec soulagement qu’Elias accueille l’annonce de la mort de sa grand-mère qui ne pourra plus lui dresser la liste des malheurs familiaux.

Sorte d’anti-héro, le jeune homme peine à trouver son chemin dans cette lignée auréolée de malheur mais dont il ne peut partager le « tralala ». Sa vie à lui est tristement banale et on ne peut pas dire qu’Elias soit un parangon de vertu. Loin de la noblesse de ses ancêtres, il prépare distraitement l’enterrement, l’esprit plus occupé par la recherche d’une bague promise par sa grand-mère.

Si le thème de la mémoire familiale exploré par Samuel Doux n’est pas inintéressant, pour ma part c’est surtout le témoignage historique qui transparaît à travers les ancêtres d’Elias, qui aura retenu mon attention. Je n’ai pas réussi à faire preuve de beaucoup d’empathie pour le jeune homme ce qui m’a empêché d’être happé par ce livre dont la lecture s’est avérée, au final, assez monotone.

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Extrait :

Depuis l‘enfance mes souvenirs tombent comme des murs sans fondations et disparaissent. Il ne me reste plus que la parole qui les décrit. Au fil du temps, avec ces mots je suis parvenu à excaver certains de ces souvenirs, je ne les reconnais pas, ce ne sont plus que des histoires, comme, parfois, certains rêves n’en sont pas. Les images alors retrouvées dans le limon du passé recomposent une vie étrange, plus que la mienne et la mienne aussi, des histoires, un passé imaginaire qui n’en sont pas moins vrais.

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Note : 

On vous lit tout   

Livre lu dans le cadre de l’opération On vous lit tout, organisée par Libfly et le Furet du Nord.

Parution : 23 août 2012

2012 – 290 pages – ISBN : 978-2-260-02036-3

 

 

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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