Voici une exposition assez surprenante qui, plusieurs semaines après l’avoir vue, me laisse encore perplexe. Poussant le sens du détail jusqu’à représenter les poils de pieds, la sueur ou encore la texture légèrement ondulée des ongles, les personnages de Mueck feraient parfaitement illusion face à des êtres humains s’ils pouvaient s’animer et parler. Mais au-delà de cette perfection artistique, je m’interroge sur le sens de ces sculptures. Le livret de l’exposition précise :

 

Il émane de ces sculptures une spiritualité et un profond humanisme suggéré par les sujets en apparence si ordinaires, suscitant une compassion inévitable au spectateur. Au-delà de toute intention portraitiste, Ron Mueck nous confronte à l’inquiétante étrangeté du rapport au corps et à l’existence.

 

Ces explications me semblent pour le moins tirées par les cheveux et n’apportent qu’une analyse subjective et sans réel intérêt. Même les titres des sculptures sont purement descriptifs et n’aident pas à comprendre le sens recherché : « Still life » ; « Youth » ; « Mask » ; « Man in a boat »… Le but est probablement que le spectateur se laisse surprendre par sa propre analyse mais pour ma part je n’ai pas été particulièrement touché par ces personnages généralement neutres, dont les expressions ne laissent transparaître aucun sentiment.

Les sculptures de Mueck sont incroyables et il faut saluer le travail et le perfectionnisme de l’artiste mais il est regrettable que seulement 9 oeuvres soient présentées (dont la plus grande visible de la rue) pour un prix d’entrée dépassant les 10 euros. Peut-être suis-je totalement passé à côté de cette expo où je n’ai pas réussi à être captivé par les œuvres. Quelques explications plus objectives auraient été plus que bienvenues pour être guidé un minimum dans l’exposition.


 
Infos pratiques :
 
Fondation Cartier – 261 boulevard Raspail
Du 16 avril au 29 septembre 2013, prolongée jusqu’au 27 octobre
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 21h
Nocturne le mardi jusqu’à 22h.
Tarif : 10,5 €

1 COMMENTAIRE

  1. C’est vrai que « l’infiniment précis » de son travail semble finalement occulter l’émotion, mais j’ai trouvé par exemple que la femme avec son nourrisson et ses sacs plastiques dit quelque chose de fort, il y a de l’émotion et une belle humanité dans cette oeuvre. L’aspect clinique de sa production se ressent bien dans le film, mais en même temps il y a une certaine sensualité qui se dégage de cet homme à priori assez froid. J’ai beaucoup aimé l’expo, et le fait qu’il nous livre un peu ses secrets le rend d’autant plus attachant.

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