Résumé :

Momo est un petit garçon arabe d’une dizaine d’années. Comme plusieurs enfants abandonnés, souvent des « fils de putes », il est élevé au sixième étage d’un immeuble chez Madame Rosa, une vieille femme juive pour laquelle il éprouve une profonde tendresse. Mais Madame Rosa voit sa santé décliner et ne veut surtout pas aller à l’hôpital. Momo va lui tenir compagnie et tout faire pour offrir à cette femme une mort digne.


 

Avis :

Romain Gary Emile Ajar La vie devant soi

Qu’il est difficile d’écrire un résumé pour ce livre. Évidemment, cette histoire entre Momo et Madame Rosa est la trame principale du livre mais « La vie devant soi » est bien plus que ça. A travers le regard du petit Momo, Romain Gary a fait passer de nombreux messages au sujet de la religion, de la politique, de l’argent, du bonheur ou encore des rapports humains. C’est un livre qui touche mais qui fait aussi beaucoup rire car il faut bien avouer que Momo a des expressions parfois étranges. Cette façon de parler est un peu inconfortable quand on commence la lecture mais elle devient très vite agréable et amusante. J’ai adoré ce livre que je recommande à tous et je remercie Violaine pour me l’avoir offert.
A lire aussi, si vous ne connaissez pas le personnage, la biographie de Romain Gary qui est très intéressante.

 

Extrait :

 
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J’ai tout de suite vu qu’il se passait quelque chose contre nature car je n’avais encore jamais vu la Juive aussi enchantée. Elle a eu d’abord un immense étonnement et puis elle a été prise de bonheur. J’ai même eu peur car je croyais qu’elle n’allait pas revenir, tellement elle était au ciel. Moi, l’héroïne, je crache dessus. Les mômes qui se piquent deviennent tous habitués au bonheur et ça ne pardonne pas, vu que le bonheur est connu pour ses états de manque. Pour se piquer, il faut vraiment chercher à être heureux et il n’y a que les rois des cons qui ont des idées pareilles. Moi je me suis jamais sucré, j’ai fumé la Marie des fois avec des copains pour être poli et pourtant, à dix ans, c’est l’âge où les grands vous apprennent des tas de choses. Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre. On est pas du même bord, lui et moi, et j’ai rien à en foutre. J’ai encore jamais fait de politique parce que ça profite toujours à quelqu’un, mais le bonheur, il devrait y avoir des lois pour l’empêcher de faire le salaud. Je dis seulement comme je le pense et j’ai peut-être tort, mais c’est pas moi qui irais me piquer pour être heureux. Merde.

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Note : 
 

1975 – 274 pages – ISBN : 978-2-07-037362-8
Romain Gary (1914-1980) – Français d’origine Polonaise

Article initialement publié sur le blog Art Souilleurs

 

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

12 COMMENTAIRES

  1. Ah, je suis bien contente que tu lui aies mis un coeur, il le méritait amplement !
    C’est vrai que la façon de s’exprimer de Momo est au début déconcertante, mais je trouve vraiment que le regard qu’il porte sur le monde, si empreint de naïveté qu’il puisse paraître, recèle quelques perles de sagesse et de poésie qui font toute la richesse de ce livre.
    J’avais également adoré « Les enchanteurs » de Romain Gary, un auteur qu’il faudrait que je prenne le temps de découvrir un peu plus.

  2. Un livre qui m’avait marquée et qui continue d’être encore aujourd’hui une référence pour moi. Je l’ai lu et relu, j’ai versé quelques larmes, bref, je le considère comme un livre phare. Il me reste maintenant à découvrir l’oeuvre de cet auteur (je trouve l’histoire de sa vie, et particulièrement sa fin de vie touchante).

  3. « la vie devant soi » est un livre tres amusant agreable avec beaucoup de rebondisement dans la vie de momo.moi g tt lue et je vous dit sa vout la peine.

  4. Moi aussi j’ai adoré le livre surtout quand Momo fessait ses caprices pour que sa mère revienne, vu comment Momo s’éxprime c’est vraie c’est un peu vulgaire mais d’un autre coté c’est amusent et si on me disait de le relire je le ferais avec plaisir.

  5. Je viens de découvrir votre site que je trouve très agréable à parcourir. Une des choses que j’ai aimées dans « La vie devant soi », c’est la façon dont Ajar utilise les fautes syntaxiques, lexicales, de Momo pour retourner ironiquement le sens des phrases. C’est particulièrement efficace quand Momo reprend sans bien comprend un discours officiel et que par ses fautes il en dévoile l’hypocrisie ou la fausseté. C’est fin et drôle !

    • Bonjour Véronique,

      Merci pour votre message et pour le compliment sur le blog 🙂
      Ta remarque est très juste. Généralement les histoires racontées à travers le regard d’un enfant sont toujours intéressantes, elles dévoilent comme tu le dis l’hypocrisie et la fausseté des adultes. Dans ce genre-là, je te recommande les livres de Gilles Paris.

      A bientôt ! 🙂

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