Photo par Reylia Slaby, modèle : Dagny Tarver
Photo par Reylia Slaby, modèle : Dagny Tarver

Reylia Slaby crée des œuvres à la frontière de la photographie et de la peinture. Mélangeant la photographie et le dessin par ordinateur, elle crée des atmosphères oniriques, à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Le résultat : des images belles, puissantes et bizarres (au sein d’un vacillement du réel et de son supposé caractère lisse).

Cette image est issue de sa série Tales from Japan  (Contes du Japon). Née et élevée au Japon par des parents américains, Reylia Slaby est imprégnée par la culture japonaise. La photographie ou l’art lui ont par ailleurs permis de s’exprimer sur la complexité de son identité.

Cette photo, intitulée « Never Leave Me »  représente les liens entre l’attachement et la perte, le désir de conserver pour soi ce que l’on sait pourtant destiné à partir : « l’idée de cette photo m’est venue de ma tendance à m’attacher aux choses que j’aime (…). Malgré mon amour éternel pour des choses ou des gens, je ne peux pas les faire rester auprès de moi. » La modèle est photographiée immergée dans l’eau, les yeux fermés, le visage couvert par ses cheveux, tenant entre ses bras des branches de cerisiers en train de se faner. Les couleurs du tableau évoquent l’automne et le dépérissement de la végétation. Tout suggère la perte et la mort, seuls émergent, visuellement, ces fleurs de cerisiers pourtant destinées à faner elles-aussi et le visage du personnage. La perte est ainsi représentée sur un mode dramatique, l’ensemble des éléments évoquant la mort et le dépérissement. De plus, l’œuvre m’a tout de suite rappelé la célèbre Ophelia de Millais, œuvre qui évoque le suicide.

 

Ophelia par John Everett Millais
Ophelia par John Everett Millais

Le personnage immergé dans l’eau dont ressort la clarté de la peau, la mise en valeur de la bouche, le décor naturel, les fleurs dans la main du personnage qui attirent l’œil par leur couleur, symboles d’un dernier signe de vie. Autant d’élément qui m’ont fait penser à l’œuvre de Millais.

J’ai particulièrement aimé cette photo du fait du travail sur les couleurs et les contrastes, de cette impression d’irréalité souvent présent dans le travail de l’artiste et de la réinterprétation que Reylia Slaby nous offre du tableau de Millais.

Pour suivre le travail de l’artiste :
Son site : http://reyliaslaby.com/ et son blog : https://reyliaslaby.wordpress.com/

Passionnée par la littérature, la philosophie, l’histoire, l’animation japonaise et mille autres choses encore. Je cherche la poésie lovée au creux des choses. Car oui, « La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie » (Prévert).

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