Résumé :

En réalisant un relevé du relief sous-glaciaire au pôle Sud, des chercheurs français font une découverte inattendue : un émetteur est prisonnier de la glace et pourrait bien être le premier indice de l’existence d’une civilisation datant de 900 000 ans. C’est autour de cette découverte qu’une équipe scientifique internationale va se former pour en apprendre plus sur cette civilisation et ce qui a pu conduire à son extinction.

Barjavel - La nuit des temps

Avis :

Pour être franc, je ne suis pas un grand amateur de science fiction et je crois que j’aurais snobé Barjavel pendant encore de nombreuses années si une âme bienveillante ne m’en avait pas fortement recommandé la lecture ! Je dois donc la remercier car cette lecture a été un vrai bonheur et c’est avec tristesse que j’ai dû refermer ce livre. La nuit des temps fait incontestablement partie de ces livres dont on souhaiterait pouvoir prolonger l’histoire indéfiniment.

En lisant ce livre, il faut garder à l’esprit que Barjavel l’a rédigé quelques mois seulement avant mai 68. Il sentait déjà venir le mouvement contestataire et nous livre ici un véritable pamphlet pour la paix. En nous présentant nos contemporains face aux mystères d’une ancienne civilisation, l’écrivain souhaite nous faire comprendre que l’Homme détourne toujours le progrès à des fins destructrices. Pour autant, il ne dénigre pas tout le genre humain et s’efforce de mettre en valeur l’humanité de ses personnages. Certains passages sont, à cet égard, superbes de beauté et de poésie.

J’ai cependant eu une légère déception à la fin du livre, le dénouement de l’histoire amène de nombreuses questions qui restent sans réponses. Heureusement, ceci ne gâche pas l’ensemble de l’ouvrage qui est un vrai régal et dont je vous recommande très vivement la lecture s’il n’est pas déjà passé entre vos mains !

P.S. : suis-je le seul à avoir vu quelque chose de Shakespearien dans les dernières pages ?

Et vous, vous l’avez lu ? L’avez-vous aimé ?

[tabs slidertype= »simple »] [tab]Premières lignes :

Ma bien-aimée, mon abandonnée, ma perdue, je t’ai laissée là-bas au fond du monde, j’ai regagné ma chambre d’homme de la ville avec ses meubles familiers sur lesquels j’ai si souvent posé mes mains qui les aimaient, avec ses livres qui m’ont nourri, avec son vieux lit de merisier où a dormi mon enfance et où, cette nuit, j’ai cherché en vain le sommeil. Et tout ce décor qui m’a vu grandir, pousser, devenir moi, me paraît aujourd’hui étranger, impossible. Ce monde qui n’est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n’a jamais existé.
C’est mon pays pourtant, je l’ai connu…
Il va falloir le reconnaître, réapprendre à y respirer, à y faire mon travail d’homme au milieu des hommes. En serai-je capable ?

[/tab]
[tab]Extrait

Nous sommes tous pareils… Nous avons quelque chose en commun qui est plus fort que nos différences : c’est le besoin de connaître. Les littérateurs appellent ça l’amour de la science. Moi, j’appelle ça la curiosité. Quand elle est servie par l’intelligence, c’est la plus grande qualité de l’homme. Nous appartenons à toutes les disciplines scientifiques, à toutes les nations, à toutes les idéologies. Vous n’aimez pas que je sois un Russe communiste. Je n’aime pas que vous soyez de petits capitalistes impérialistes lamentables et stupides, empêtrés dans la glu d’un passé social en train de pourrir. Mais je sais, et vous savez que tout ça est dépassé par notre curiosité. Vous et moi, nous voulons savoir. Nous voulons connaître l’Univers dans tous ses secrets, les plus grands et les plus petits. Et nous savons déjà au moins une chose, c’est que l’homme est merveilleux, et que les hommes sont pitoyables, et que chacun de notre côté, dans notre morceau de connaissance et dans notre nationalisme misérable, c’est pour les hommes que nous travaillons. Ce qu’il y a à connaître ici est fantastique. Et ce que nous pouvons en tirer pour le bien des hommes est inimaginable. Mais si nous laissons intervenir nos nations, avec leur idiotie séculaire, leurs généraux, leurs ministres et leurs espions, tout est foutu !

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Note : 

1968 – 410 pages – ISBN : 978-2-266-15242-6
René Barjavel (1911 – 1985) – Français

 

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

6 COMMENTAIRES

    • Merci pour votre commentaire !

      Je suis heureux de voir que je ne suis pas le seul à avoir vu la référence à Roméo & Juliette, je ne suis donc pas totalement fou 😉

  1. Pareil, je ne suis pas une grande fan de science-fiction et j’ai eu un peu de mal avec les premières pages du roman. Mais très vite je me suis laissée embarquer par l’histoire et j’ai vraiment adoré ce roman!
    Pour la fin, oui c’est frustrant, mais ça ne m’a pas véritablement dérangé. Tout reste en suspens et on imagine ce qu’on veut.

  2. On me l’a conseille 100 fois et meme offert pourtant je n’ai pas reussi a depasser les 50 premieres pages et en general je termine tous les livres que je commence donc c est un signe de grand desinteret. j aurais peut etre du perseverer 🙂

    • C’est étonnant en effet que tu aies eu ce « rejet ». Mais parfois quand on entend trop parler d’un livre on a du mal à se plonger dedans. Peut-être qu’un jour l’envie reviendra pour toi !

  3. Encore un livre que j’apprécie vraiment beaucoup. Cela ressemble en effet beaucoup à l’histoire de Roméo et Juliette. C’est tellement bien écrit…

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