Résumé :

Sur fond de première guerre mondiale, dans un village de l’Est de la France, à quelques kilomètres des lignes du front, une fillette a été assassinée. Pourquoi ? Par qui ? Le mystère reste entier. Le narrateur présente petit à petit les personnages du village, leurs caractères, leurs qualités, leurs défauts (parfois haïssables, d’autres fois pardonnables) ainsi que leurs actions. Avec ce mélange « d’âmes grises », ni toutes blanches ni toutes noires, Philippe Claudel tisse une histoire où l’humain (bon et mauvais) tient la place centrale.


 

Avis :

Philippe Claudel Les âmes grises

Voici un roman bien sombre : guerre (avec tout ce que ça engendre c’est à dire la mort, les blessés, la peine des familles), assassinat d’une fillette, peines de mort… Il y aurait de quoi détester l’humain. Pourtant, Claudel arrive à nous montrer avec brio que sous les aspects très sombres de ses personnages, se cache souvent un bon côté (et inversement). Comme le montre l’extrait ci-dessus, ces « âmes grises » c’est vous, c’est moi aussi.
Au fond, le décès de cette petite importe peu dans le roman. Certes, il sert de trame pour l’histoire mais ça me semble être un prétexte. Ce qui reste pour moi de ce livre, c’est ce message de compassion et de réalisme sur ce que nous sommes.
Je profite de cet article pour vous conseiller de regarder le premier film de Philippe Claudel, fraîchement sorti en DVD, « Il y a longtemps que je t’aime », petit bijou du cinéma français.

 

Extrait :

 
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« Je ne me souviens plus bien de ses traits, ajouta-t-elle, mais je me souviens qu’elle était douce, que tout était doux chez elle, ses yeux et sa voix.

– Moi non plus, lui dis-je, je n’ai plus son visage… Souvent je le cherche, j’ai l’impression qu’il vient vers moi, et puis il s’efface, il ne reste plus rien, alors je me tape, je m’engueule…

– Pourquoi donc, bêta ?

– Ne plus se souvenir du visage de celle qu’on aimait… Je suis un salaud. »

Joséphine haussa les épaules :

« Les salauds, les saints, je n’ai jamais vu. Rien n’est ni tout noir, ni tout blanc, c’est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c’est pareil… T’es une âme grise, joliment grise, comme nous tous…

– Des mots tout ça…

– Qu’est-ce qu’ils t’ont fait les mots ? »

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Note : 
 

2003 – 285 pages – ISBN : 2-234-05603-9
Philippe Claudel – Français

Article initialement publié sur le blog Art Souilleurs

 

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

10 COMMENTAIRES

  1. Auriez vous s’il vous plait des informations sur « Barbe » des Ames grises ? Jai un exercices pour demain 🙂
    Merci beaucoup.

  2. Un très beau livre, par contre, je n’ai pas aimé son adaptation cinématographique. Du même auteur lire La petite fille de M. Linh : plus léger (quoique), mais vraiment très beau.

  3. Je n’ai pas vu l’adaptation ciné. Par contre j’ai lu « La petite fille de M. Linh » que j’ai adoré. Si tu peux, regarde « il y a longtemps que je t’aime », film dont Claudel est le réalisateur et qui est vraiment très réussi.

  4. C’est vraiment intteressant ,mais j’ai besoin de connaitre 2 personnes qui ont mal agit dans ce livre les ames grise et aussi 2 personnes qui ont mal agit.

  5. Antoine, Antoine, Antoine… Tsééé… (à prononcer en dodelinant de la tête d’un air à la fois désolé et indulgent)… 3,5/5 seulement ?
    Ce livre a été mon coup de coeur absolu quand je l’ai lu et si j’avais créé le prix Qd9 un ou deux ans plus tôt, c’est lui que j’aurais sélectionné.
    J’en profite pour ajouter que j’ai eu un choc quand j’ai lu en commentaire sur mon blog que tu regrettais de ne pas pouvoir venir à la remise du prix le 19/03 avant de constater que tu étais un autre Antoine qu’Antoine Laurain.

    A une autre fois j’espère !

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