Après avoir mis à l’honneur le créateur Azzedine Alaïa lors de sa réouverture en septembre dernier, le Palais Galliera consacre actuellement une exposition aux plus grands photographes de mode révélés par le groupe de presse Condé Nast (éditeur des magazines Vogue, Glamour, Vanity Fair…). Vous pensez passer votre chemin car vous n’aimez pas la mode ? Restez alors par amour de la photographie…

Quatre-vingt photographes, cent cinquante tirages – dont la plupart originaux – réunis autour de sept thématiques, l’exposition nous offre une superbe sélection des archives de Condé Nast depuis 1918. L’on y retrouvera des noms de photographes et mannequins très célèbres, d’autres moins, des clichés devenus incontournables, d’autres à redécouvrir.

Toute la réussite de Condé Nast repose sur les photographes talentueux que le groupe a su révéler aux prémices de leurs carrières, tout en entretenant au fil du temps une forte fidélité avec certains devenus extrêmement célèbres, au point de parler de « l’écurie Condé Nast » : Irving Penn pendant 60 ans ; Helmut Newton durant 40 ans ; Guy Bourdin pour plus de 30 ans…

L’exposition n’est pas organisée de manière purement chronologique, même si elle offre une réflexion sur l’évolution dans le temps du rapport à l’environnement (poses figées dans des salons luxueux au début du siècle contre instantanéité de clichés pris en extérieur après la Seconde Guerre Mondiale), mais aussi des attentes esthétiques (d’une perfection proche de l’artifice à un retour au naturel, de corps athlétiques et puissants à des corps lisses et retouchés aujourd’hui…) et de la perception du mannequin (les tops models anonymes sont devenues des « supermodels », icônes dont le simple prénom suffit à les identifier : Linda, Naomi, Cindy, Kate…)

 

A fashion photograph is not a photograph of a dress, it is a photograph of a woman

 

Alexander Liberman

 

Les différents courants artistiques du siècle se ressentent également à travers les expérimentations qu’ont pu faire certains photographes, tel Erwin Blumenfeld et ses influences dadaïstes ou Paolo Roversi et son usage du Polaroïd grand format. Leur rôle de metteur en scène se révèle également à travers l’univers plus ou moins réaliste ou fictionnel qu’ils apportent à chaque cliché.

 

I always felt we were selling dreams, not clothes

 

Irving Penn

 

Le parcours de visite est complété d’une quinzaine de vêtements de couturiers, dont l’iconique robe Mondrian d’Yves Saint Laurent, de magazines sous vitrine et sur écran pour « feuilleter » certains sujets marquants du groupe et se clôt sur une projection de films contemporains, ouvrant la porte aux questions sur l’avenir de la photographie de mode.

Itinérante, cette exposition a été inaugurée à Berlin, puis Edimbourg et Milan. Elle restera à Paris jusqu’au 25 mai, avant de se poursuivre à Zurich, West Palm Beach, Fort Worth et Tokyo.

Je n’ai cité que quelques photographes parmi ceux exposés… mais je ne peux que recommander d’aller voir cette exposition pour tous les découvrir !

 
papierglace_galliera

 

Informations pratiques :

 

Palais Galliera, Musée de la Mode de la ville de Paris
10 avenue Pierre Ier de Serbie 75116 Paris

Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne les jeudis jusqu’à 21h
Tarif plein 8€ / Réduit 4 et 6 €

 

Comments to: Papier glacé, un siècle de photographie de mode chez Condé Nast

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