Au théâtre, c’est parfois comme au cinéma : on reste bouche bée, à regarder les scènes défiler sans pouvoir décrocher l’écran, – pardon, la scène – du regard ! Au Proscenium, ce théâtre condensateur d’énergie du 11e arrondissement, nous avons vu une pièce qui nous a tout bonnement ravis.

 
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Quand le macabre devient burlesque, le tragique drôle à en pleurer, on peut dire que le théâtre réussit un tour de force. C’est celui que réalise la troupe de comédiens formidable, menée par Leah Marciano. La veille de Noël, un meurtre est commis dans une auberge réunissant des personnages-types de l’Amérique blanche des années 60, tous pleins de loufoquerie. On balance entre David Lynch et le Père Noel est une ordure. Sur le plateau, le ridicule ne tue pas le privé de passage, ni le désespoir la belle chanteuse de Broadway sur le retour. On s’amuse de leurs hypocrisies connues de tous, et des complications dont nous devenons les spectateurs complices. Au tableau s’ajoute un couple à la Bonnie and Clyde pas si soudé que ça, qui commet impairs irréparables et vols plus ou moins discrets. C’est que dans l’affaire tout le monde est suspect. L’enquête se révèle très vite pleine de rebondissements, aussi bien policiers que sentimentaux, les deux étant ici liés pour l’exercice des zygomatiques. Ne vous étonnez pas si chacun, à un moment ou l’autre se retrouve menotté, les choses prennent vite une ampleur démesurée dans un espace confiné ! La tension provoquée par la situation inusitée va chambouler les habitudes des tenants et des résidents de l’auberge… Chaque personnage va se révéler en même temps que l’enquête piétine, pour mieux prolonger notre plaisir et notre amusement…

Les intermèdes musicaux fonctionnent admirablement dans cette pièce, influencée par le cinéma américain et la comédie musicale, et ce de manière particulièrement heureuse. Les chansons, en chœur ou en solo, ajoute légèreté et profondeur dans le même temps au jeu des comédiens, qui manient aussi bien l’humour que les vocalises. Autant dire que durant le spectacle, on ne s’ennuie pas une seconde et on rit beaucoup. La mise en scène fonctionne à chaque tableau et l’entrain des comédiens gagne le public, jusqu’à la scène de fin, en forme d’apothéose burlesque.

 
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Informations pratiques :

 

Théâtre Le Proscenium
2 passage du Bureau (Paris 11e)

Tous les dimanches jusqu’à fin mars 2015 à 17h

 

Etudiante en histoire de l’art, je cultive Paris depuis que je l’habite, de façon permanente, depuis deux ans déjà. Je vous parlerai de ce que j’y vois, de ma sympathie pour les choses plus ou moins « culturellement identifiables ». Je passe plusieurs fois dans la semaine vérifier si Hippomène poursuit toujours Atalante, que jamais il ne rattrapera, tout figé dans le marbre qu’il est, cour Marly, au Louvre. Vous pouvez donc souvent me trouver dans les musées, en compagnie du SMV, nom de code du groupe « Un Soir, un Musée, un Verre », à Orsay, dans les galeries d’art, à la Fondation Cartier… Ou tout à fait ailleurs. Car « la vraie vie …»

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