Résumé :

Un groupe d’amis est en vacances dans un village d’Italie. Leur seule préoccupation est de savoir ce qu’ils feront de leur journée : faire un tour en bateau, lire… Ces vacances calmes feront donc l’objet de beaucoup de discussions où les différents personnages vont remettre en question leur vie.

En marge de cette histoire, un démineur est mort dans la montagne. Ses parents viennent retrouver son corps mais refusent d’accepter la mort de leur enfant.


 

Avis :

Marguerite Duras - Les petits chevaux de TarquiniaJe ne pense pas que Les petits chevaux de Tarquinia soit le livre le plus accessible de l’œuvre de Duras. Chez Duras, les histoires ont toujours tendance à suivre une certaine lenteur : ce qui compte chez l’écrivain, ce n’est pas l’action mais les sentiments qui bouleversent les personnages.

Ce livre s’inscrit totalement dans cette tendance. L’histoire est assez simple : des amis passent des vacances ensemble et cherchent à s’occuper… aucun doute, vous n’êtes pas en train de lire un thriller ! Pour apprécier ce livre (et plus généralement pour apprécier Duras) il faudra vous intéresser aux réflexions de l’auteur. De nombreux thèmes sont en effet explorés dans ce livre : l’amour (récurrent chez Duras), l’amitié, l’envie de départ mais aussi l’alcool.

L’envie du départ est probablement le thème central du livre. Il y a bien entendu l’envie de sortir de ce lieu de vacances où il n’y a pas grand chose à faire mais surtout la volonté de changer de vie. Le titre du livre, Les petits chevaux de Tarquinia, vient de l’un des personnages qui rêve d’aller visiter Tarquinia pour sauver son couple et échapper à la monotonie du quotidien.

Je l’évoquais dans le résumé, en marge de ce que vit la bande d’amis, un démineur est mort dans la montagne. Les parents de ce dernier viennent chercher le corps mais refusent d’accepter la mort de leur enfant. Si au début on s’étonne de cette histoire, on comprend peu à peu qu’il s’agit là d’une mise en abyme du changement qui s’opère dans le groupe d’ami, procédé que l’on retrouve également dans le roman Yann Andréa Steiner.

En bref, les amateurs de Duras trouveront forcément leur compte dans ce livre mais si vous ne connaissez pas encore son oeuvre, je vous conseille plutôt de commencer par La pluie d’été ou Hiroshima mon amour qui me semblent plus adaptés à la découverte de ce grand écrivain.

 

Extraits :

 
[tabs slidertype= »simple »]
[tab]Extrait 1/4

– Je n’aime pas quand on doit deviner tout seul ce que peuvent bien avoir les gens, dit-il. Les gens qui ne vous aident pas…

– Pourquoi chercher à savoir pourquoi ils sont tristes et le reste ?

– Le jour où ça ne m’intéressera plus, ça voudra dire que je ne t’aimerai plus.

[/tab]
[tab]Extrait 2/4

– Il y a des paroles qui font mal à garder pour soi. Je veux pas que tu gardes celles que tu as contre moi.

– Puisque je comprends que tu avais raison de les dire, ce n’est pas la peine d’en parler.

– Oh ! que je suis ennuyé, geignit Ludi, je le savais bien que tu m’en voulais encore.

– Je ne t’en veux plus du tout, Ludi.

– Je sens bien que si, que tu m’en veux. Comprends-moi. Je crois moi aussi qu’on doit se taire à la limite, tu comprends, à la limite juste de ce qu’on sait qu’on exprimera dans la fausseté. Ni avant ni après. Mais j’aime quand même mieux les gens qui se forcent contre cette limite-là, qui se forcent à parler que ceux qui se forcent à se taire. Oui, quand même je les aime mieux. Toi en ce moment, tu gardes des paroles contre moi, depuis au moins quatre jours. Ca me plaît pas. Et elles te font mal ces paroles, je suis sûr.

– Peut-être qu’on peut faire autre chose que parler, dit Sara, qu’on peut faire autre chose qui vous fasse le même effet que parler, qui vous délivre tout pareil.

– J’aime comme tu es bête, quelquefois, dit Ludi.

[/tab]
[tab]Extrait 3/4

C’est comme le bonheur, la souffrance, il faut changer de temps en temps de genre de souffrance, sans ça on devient vieux et imbécile.

[/tab]
[tab]Extrait 4/4

– Je n’aime pas les vieux rêveurs, ils me dégoûtent, dit Gina, ils ne savent pas regarder les choses mais seulement se regarder, eux.

– Mais comment faire ? il y a des vies qui rendent rêveur, dit l’épicier. Remarquez, ajouta-t-il tristement, pour ce à quoi ça sert.

Il tira une longue bouffée de cigarette.

– Mais quand même, ça sert, ajouta-t-il encore, ne serait-ce qu’à passer le temps.

[/tab]
[/tabs]

 
Note : 
 

1953 – 221 pages – ISBN : 978-2-07-036187-8
Marguerite Duras – Française

 

PARTAGER
Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here