Amaury-Duval, Madame de Loynes, 1862, huile sur toile, musée d'Orsay, Paris, France. ©photo musée d'Orsay / rmn
Amaury-Duval, Madame de Loynes, 1862, musée d’Orsay. ©photo musée d’Orsay / rmn

L’art du portrait est un genre dans lequel Eugène Emmanuel Pineu-Duval, dit Amaury-Duval, excelle avec délicatesse et douceur. Elève et proche d’Ingres – on retrouve les souvenirs de cette amitié dans ces quelques pages de mémoires – ce jeune artiste se forge progressivement une discrète place de choix sur la scène artistique. Et ce préraphaélite s’illustre notamment dans la réalisation d’importantes commandes de peintures religieuses, telles que la fresque du Couronnement de la Vierge que l’on retrouve dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois ou encore les peintures des chapelles des églises de Saint-Germain en Laye et Saint-Merry, et dans celle de multiples portraits dont le plus connu est celui de Madame de Loynes.

Peint en 1862, cet énigmatique portrait est celui d’une mondaine, Mademoiselle Jeanne de Tourbey, aussi connue sous le surnom de « la dame aux violettes » et devenue Comtesse de Loynes, en 1872. Sévère, rigide et sombre, il est pourtant empreint d’un réel pouvoir d’envoutement notamment exercé par le séduisant et profond jeu de regard de cette illustre courtisane du Second-Empire. Et cette double théâtralité n’est d’ailleurs pas sans rappeler le portrait Lady Agnew of Lochnaw réalisé en 1892 par John Singer Sargent et actuellement conservé aux National Galleries of Scotland.

Ne manquez pas d’aller admirer de plus près cet irresistible portrait de Madame de Loynes dans l’exposition Splendeurs et misères. Images de la prostitution. 1850-1910, présentée par le Musée d’Orsay, du 22 septembre 2015 au 17 janvier 2016.

"Vois-tu, petite, le succès d’un musée ne se mesure pas au nombre de visiteurs qu’il reçoit, mais au nombre de visiteurs auxquels il a enseigné quelque chose. Il ne se mesure pas au nombre d’objets qu’il montre, mais au nombre d’objets qui ont pu être perçus par les visiteurs dans leur environnement humain. Il ne se mesure pas à son étendue, mais à la quantité d’espace que le public aura pu raisonnablement parcourir pour en tirer un véritable profit. C’est cela le musée (...)." Georges-Henri Rivière

1 COMMENTAIRE

  1. Pour cette dame aux violettes, je trouve son regard plutôt effrayant qu’envoutant (contrairement à Lady Agnew of Lochnaw dont je suis totalement sous le charme). Le reste par contre, visage et surtout les textures des différents tissus sont très impressionnants.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.