Quand on parle de Louise Bourgoin, on pense souvent à l’actrice mais on lui connaît moins la facette d’artiste passionnée pour la peinture. En compagnie d’Edwart Vignot, historien de l’art, elle effeuille une large sélection de tableaux de nus exposés au musée d’Orsay.


 

Avis :

 
Louise Bougoin & Edwart Vignot - Orsay mis à nu

J’adore aller dans les musées mais je ne suis pas du genre à rester des heures devant une œuvre pour en décortiquer toute la signification et en étudier la construction. Mon plaisir, c’est plutôt d’être surpris par les toiles puis de laisser mon imagination me porter lorsque le tableau me plait.

Autant vous dire que j’ai beaucoup aimé ce livre qui correspond tout à fait à ma façon de déambuler dans un musée. Ici, on est loin du livre d’art traditionnel où l’on vous expliquera le pourquoi du comment du tableau, les lignes directrices et tout le tralala ! Non, Louise Bourgoin ne cherche pas à nous donner un cours d’histoire de l’art mais plutôt à partager ses impressions, ses songes, sa poésie, voire même ses fantasmes (après tout c’est de nus qu’il s’agit !) à l’image de ce qu’elle écrit au sujet de L’Espérance de Pierre Puvis de Chavannes :

 

Dans les tableaux symbolistes, le pubis des femmes n’existe pas. C’est juste un triangle de chair angélique, une fleur ou un linge blanc. Mais ici, en y regardant de plus près, on découvre une chose infime, mais capitale : un point rouge qui m’intrigue et me fascine… Après quelques touches de gris marquant un début de duvet, j’imagine l’artiste choisir cette couleur, un rouge très vif, incandescent, presque orange… Puis d’un geste, un mouvement, un seul, « tac ! », une pointe infinitésimale de rouge se pose entre les cuisses du modèle, au centre même de la toile. Un ange est devenu femme. Précision clitoridienne.

 

Edwart Vignot quant à lui, en bon historien de l’art, apporte quelques informations sur le peintre ou sur le contexte historique qui entoure le tableau. Son discours est donc totalement complémentaire avec les pensées de Louise Bourgoin mais sans aucune pesanteur. A titre d’exemple, toujours au sujet de L’Espérance de Puvis, il écrit :

 

Pierre Puvis de Chavannes couche sur sa toile, de façon allégorique, cette frêle jeune fille, pas encore femme, dans un champ en grande partie en ruine. Réminiscence d’un épisode douloureux de l’histoire de France, la guerre de 1870, cette oeuvre fut intitulée L’Espérance par l’artiste. La jeune fille tient à la main tout un symbole, ce rameau d’olivier, signe de paix, mais pour combien de temps ?

 

Finalement, on a l’impression de se promener dans le musée d’Orsay en compagnie de deux amis qui voudraient nous montrer les toiles qu’ils aiment sans nous noyer d’explications mais plutôt en partageant leurs propres impressions. Il s’agit donc d’un livre qui plaira aussi bien aux profanes qui souhaiteraient découvrir des œuvres sous un angle léger, qu’aux passionnés qui y trouveront peut-être une nouvelle perception des tableaux.

Il s’agit d’un très bel ouvrage qui recense une centaine d’œuvres. Chaque toile est reproduite en pleine page et en très bonne qualité. Pour en savoir plus sur ce livre, je vous invite à écouter l’interview de Louise Bourgoin et Edward Vignot sur France Info par Bernard Thomasson :

Ainsi que le reportage de Culturebox :

 
Note : 
 

Merci à Gilles Paris pour ce livre.

2012 – 207 pages – ISBN : 978-2-8099-0712-4
Louise Bourgoin & Ewart Vignot, Français

 

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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