“Depuis ma pensée se confusion et mon langage se désordre. En cause d’Adèle ? A raison du choc ? J’ignorance l’exact comment du pourquoi. Je me perdition des mots, je m’égarement des phrases. Mes idées en déréglage et expression d’incohésion.
Je, d’un accident ou d’amour.”

Mais qu’est-il arrivé à Loïc Demey, aurait-il perdu la tête ? A minima il a perdu ses verbes ! Tous ont en effet disparu dans ce livre, véritable OVNI littéraire à mi-chemin entre roman et poésie. L’auteur nous raconte une histoire d’un amour qui naît au jardin du Luxembourg lorsque Hadrien fait la connaissance d’Adèle. Chamboulé par cette rencontre, le narrateur en perd son langage.

C’est en écoutant le poème “Prendre corps” de Ghérasim Luca, mis en musique par Arthur H, que Loïc Demey aurait eu l’idée de faire ce livre.

Ce langage décousu, un peu déconcertant au début, est pourtant vite captivant. L’absence de verbes nous oblige à lire entre les lignes et nous force à utiliser nos propres mots pour reconstruire l’histoire. Loïc Demey joue avec habilité avec les mots et les sous-entendus pour nous laisser lire entre les lignes ce qui a disparu avec les verbes.

“On se chez moi, on s’appréhension.
Elle se cheveux déliés, je me chemise légèrement déboutonnée. On se distance respectable pour le moment, on se musique de chambre sans danse de salon.
La pendule se tic-tac, je me tactique : je la cil et voeu en frôlement de joue. Elle me sourire puis se soupirs.
On ne se mensonges pas. elle et Martin, Delphine et je. Mais nous, ici et uniquement. On se silencieusement, on se délices de l’instant.
Elle se saphir dans le regard, paupières précieuses et clignements.
Je la lèvres. Enfin.”

Un seul reproche à ce livre : sa taille. Seulement seize chapitres d’une page environ mais c’est aussi de cette brièveté que naît le charme de cette histoire. De fait, on s’y replonge encore et encore, on la relit à voix haute et au final on tombe d’amour pour ce texte et ce n’est certainement pas un accident. Un petit bijou à lire absolument !

“Je l’affection aussi Delphine. Mais, depuis quelques mensualités, nos sentiments se pâles et se fades. Le rouge se rose et le blanc se boue.
On se trente ans passés avec pas l’envie de seul. On se fatalité, on se facilité. On se quotidien, on se tablette tactile et téléphone portable au petit-déjeuner. Le soir, on se télévision au lit. Elle se séries, je me navets. Et l’on se corps de moins en moins.
Notre couple s’usure. Jusqu’à la corde.
On se rituels : je me samedi chez ses parents, elle se dimanche chez les miens. On se calme plat. Je me morne, elle se plaine. Elle se train-train, je me ligne droite. On se routine, on se déroute.
Dans le fossé.”

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Note : 2014 – 44 pages – ISBN : 978-2-84116-204-8
Editions Cheyne
Loïc Demey – Français

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