Dans l’exposition Derain, Balthus, Giacometti – qui se tient actuellement au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris – c’est une petite statuette qui a retenu notre attention. Elle ne mesure qu’une soixantaine de centimètres et pourtant, elle représente à elle seule tout le poids de la tragédie humaine.

Cette oeuvre, c’est L’homme qui chavire, d’Alberto Giacometti. Une sculpture en bronze fidèle au style qui a fait la célébrité de l’artiste : un personnage longiligne et filiforme modelé à la main. Ici, Giacometti a représenté un homme en train de perdre l’équilibre, le corps penché et le bras droit tendu vers l’avant, il s’apprête à tomber.

Alberto Giacometti - L'homme qui chavire
Alberto Giacometti – L’homme qui chavire © RMN-Grand Palais / Michèle Bellot

J’ai toujours eu l’impression ou le sentiment de la fragilité des êtres vivants, comme s’il fallait une énergie formidable pour qu’ils puissent tenir debout, instant par instant, toujours dans la menace de s’écrouler.

Alberto Giacometti

L’homme qui chavire a été réalisée en 1950 mais les premières réflexions autour de cette oeuvre datent de 1947. On peut donc penser cette oeuvre comme un écho au traumatisme de la seconde guerre mondiale, avec une représentation de l’humanité au bord du gouffre. Mais il se pourrait aussi que Giacometti ait représenté ici sa propre condition : victime d’un accident de la route en 1938, il souffrait en effet régulièrement de vertiges.

Quelle que soit son origine, cette statuette intrigue. Cet instant figé qui précède un avenir incertain nous pétrifie à notre tour. La chute est-elle inéluctable ou l’homme va-t-il réussir à retrouver son équilibre ? Chacun trouvera sa réponse. 

Sartre disait de Giacometti “[il] est devenu sculpteur parce qu’il a l’obsession du vide”. Une affirmation qui prend tout son sens avec cette statuette vacillante, à admirer jusqu’au 29 octobre.

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