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« Dis George, tu l’écriras notre histoire un jour ? ». Les Vaisseaux du Cœur, pièce de théâtre adaptée d’un roman best-seller de Benoîte Groulte qui avait suscité la polémique lors de sa parution en 1988, commence sur ces mots. Cette histoire, c’est celle d’une passion entre deux êtres que tout oppose, mais sur lesquels le corps a ses raisons.

George (sans « s » à la fin comme elle tient à la préciser d’emblée), jeune intello parisienne, historienne en devenir, relate ainsi cette rencontre folle et improbable avec Gauvain (elle préfèrera lui donner le nom d’un preux chevalier pour son récit), rustre marin breton à l’accent tonitruant et aux fautes de français impardonnables.

Leurs premiers émois à 18 ans constitueront sans qu’ils le sachent alors, un mariage charnel éternel. Bien que chacun mariés, rien n’y fera, pas même l’âge ni les aléas de la vie, et leurs « culs » comme elle le dit crûment, continueront de les réunir durant de courtes et intenses unions jusqu’à l’autre bout du monde.

 

La vie nous a fait ce drôle de cadeau : connaître plus de premières nuits que de dixièmes.

 

Deux mondes les séparent, ils sont des espèces étrangères dans la vraie vie et ils ne parviennent d’ailleurs pas à communiquer sans se toucher. Pourtant, ils ne peuvent être heureux l’un sans l’autre. Leurs frontières s’abolissent une fois ensemble et ils ne peuvent se désintoxiquer de cette drogue.

En se demandant « comment émouvoir en disant coït ? » dès le premier monologue, George adopte un ton résolument crû à de nombreuses reprises, venant contraster avec son niveau d’éducation. Mais ce parti pris de la vulgarité est un pari à la fois osé et drôle, donnant toute son importance à la dimension physique de cette relation.

Tantôt drôle, tantôt touchante, cette œuvre soulève en filigrane des questionnements universels – sans tomber dans le drama comme le font de nombreux films, romans ou pièces de théâtre dès que le thème de la passion est abordé – sur le gouffre insurmontable des classes sociales et culturelles, mais aussi sur l’impact du temps et de l’éloignement. Etre un marin droit dans ses bottes à la vie bien rangée, être une chercheuse talentueuse à la vie calme… est-ce là ce qui fait réellement vibrer ?

Portée par un duo d’acteurs irrésistibles (Serge Riaboukine en breton rustre, gauche et pourtant sensible est terriblement convaincant) et une mise en scène minimaliste et délicate faite de lumières et sons évocateurs, cette pièce nous transporte dans les mystères de l’amour inconditionnel et inexplicable, celui où les corps en décident autrement que notre raison.

 

La stupeur de le désirer sans relâche monopolise tous mes sens.

 

Les dernières représentations étant jusqu’au 30 mars, je vous conseille de courir pour ne pas manquer cette promesse d’une heure et demie d’évasion !

 

Informations pratiques :

 

Théâtre du Petit Montparnasse
Jusqu’au 30 mars inclus
A partir de 18€

 

Passionnée de culture : photographie, musique, cinéma, théâtre, voyage… j’aime découvrir et partager mes impressions par les mots et les photos. Depuis que Paris est devenue « ma » ville, pas une journée ne passe sans que je ne m’émerveille de sa beauté et de la multiplicité des possibles…

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