Nicolas de STAËL, Le Lavandou, 1952, huile sur contreplaqué, Coll. privée. © J.L. Losi — © ADAGP, Paris, 2014

Les paysages lumineux et chaleureux du sud de la France bouleversent Nicolas de Staël, déjà en proie à de nombreux tourments.

Et cette représentation du Lavandou, oeuvre abstraite réalisée trois ans avant son suicide, témoigne de ce bouleversement à la fois pictural et psychique : empâtements, superposition, voire saturation, de couleurs composent cette toile qui se veut pourtant être la retranscription d’un paysage de mer et sable empreint de sérénité…

Proche de Nicolas de Staël, René Char lui consacrera d’ailleurs en 1952, ces quelques vers, évocateurs de la frénésie du peintre :

Le champ de tous et celui de chacun, trop pauvre, momentanément abandonné,
Nicolas de Staël nous met en chemise et au vent la pierre fracassée.
Dans l’avant des couleurs, il la trempe, il la baigne, il l’agite, il la fronce.
Les toiles de l’espace lui offrent un orchestre.

Ô toile de rocher, qui frémis, montrée nue sur la corde d’amour !
En secret un grand peintre va ta vêtir, pour tous les yeux, du désir le plus entier et le moins exigeant.

René Char, Recherche de la base et du sommet, II Alliées substantiels, in Oeuvre complètes, NRF, La Pléiade, 1983, p.702

Pour les plus curieux, une très belle rétrospective lui a été consacrée au MuMA, Musée d’art moderne André Malraux, situé au Havre, de juin à novembre 2014. Pour consulter les archives de l’exposition, encore en ligne sur le site du musée, c’est par ici : Musée MuMA Le Havre – exposition Nicolas de Staël

"Vois-tu, petite, le succès d’un musée ne se mesure pas au nombre de visiteurs qu’il reçoit, mais au nombre de visiteurs auxquels il a enseigné quelque chose. Il ne se mesure pas au nombre d’objets qu’il montre, mais au nombre d’objets qui ont pu être perçus par les visiteurs dans leur environnement humain. Il ne se mesure pas à son étendue, mais à la quantité d’espace que le public aura pu raisonnablement parcourir pour en tirer un véritable profit. C’est cela le musée (...)." Georges-Henri Rivière

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