ita-l-nee-goldfeld-theatreNous sommes à Paris, le 12 décembre 1942. Ita L. née Goldfeld est chez elle lorsque trois hommes frappent à sa porte : ils viennent la chercher pour l’emmener pour « un simple contrôle d’identité » dont on imagine la triste issue. Ita a une heure pour se préparer, une heure pour choisir : fuir ou attendre…

Cette pièce est inspirée d’une histoire vraie, Eric Zanettacci l’a écrite comme le journal fictif qu’aurait pu tenir son arrière-grand-mère, disparue à Auschwitz. Seule sur scène, Hélène vincent commence par nous en lire les didascalies puis se lève et, bluffante, commence à incarner Ita. Cette femme est seule : son mari est mort depuis de longues années et elle est sans nouvelle de ses enfants. L’un de ses fils a été conduit à Drancy tandis que ses deux autres enfants ont déjà fui Paris. Incapable de faire le choix entre partir ou attendre, elle repense à sa vie et de nombreux souvenirs lui reviennent à l’esprit : les persécutions dont les juifs étaient victimes à Odessa, la fuite pour s’installer en France où « ils seraient en sécurité », son mariage, la naissance de ses enfants… Sans parvenir à y trouver un sens, Ita raconte comment progressivement le comportement de ses voisins s’est mis à changer lorsqu’ils ont compris qu’elle était juive.

Cette pièce joue très bien son rôle de piqûre de rappel toujours nécessaire pour ne pas oublier cette période sombre de l’Histoire. Ita ne comprend pas le drame qui est en train de se dérouler pour sa communauté ou plutôt ne veut pas y croire. Elle s’efforce de continuer à garder un espoir aussi touchant que tragique.

Le talent d’Hélène Vincent est à saluer, elle est ici bien loin de son rôle dans La vie est un long fleuve tranquille et incarne à merveille son personnage, capable de passer des rires aux larmes pour évoquer les souvenirs les plus beaux comme les plus tragiques.

Mon seul regret vient de la mise en scène très épurée : aucune musique, aucun bruitage et seulement quelques meubles pour tout décors. Si cela renforce l’aspect tragique de l’histoire, ce côté dépouillé rend la pièce un peu monotone à certains moments.

 

Bande annonce :

 

 

Théâtre du Petit Saint-Martin
A partir du 5 février 2013
Du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 15h
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