©2015 "the case of hana & alice" Film Partners
©2015 « the case of hana & alice » Film Partners

Hana et Alice mènent l’enquête est un long métrage d’animation réalisé par Shunji Iwai. Plus connu pour ses réalisations de film live, Shunji Iwai avait toutefois déjà approché l’animation avec plusieurs courts métrages.

Hana et Alice mènent l’enquête raconte l’histoire d’Alice, fraîchement débarquée dans un nouveau lycée qui se voit assigner une place considérée comme maudite par les autres élèves. Quelle est cette malédiction ? Pourquoi les élèves se mettent à l’éviter à tout prix ? C’est ce qu’Alice va essayer de découvrir…

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Du film à l’animation

Le film nait d’un projet particulier. Dans la lignée de son film Hana et Alice de 2004, qui raconte la vie de deux amies d’enfance, le réalisateur souhaite, quelques années plus tard, raconter la rencontre des deux jeunes filles. Problème : les actrices, avec qui il souhaite retravailler, ont grandi. D’où l’idée de passer par un film d’animation, où les actrices pourraient prêter leur voix, et même leurs traits, aux personnages.

Une recherche esthétique

En effet, l’animation des personnages est réalisée par rotoscopie, c’est-à-dire que le film est entièrement tourné en prises de vue réelle puis les animateurs dessinent image par image par-dessus l’image réelle. C’est une très vieille technique d’animation, utilisée par exemple dans le Blanche Neige de Disney mais ici, cela est fait de manière systématique. Le rendu est tout d’abord déroutant, à mi-chemin entre le cinéma et l’animation, entre réalisme et figuration. Le tout donne une impression d’étrangeté intéressante où les mouvements sont très fluides. Pour ma part, le seul exemple d’animation japonaise qui usait de la rotoscopie dans le même esprit était la très déconcertante mais excellente adaptation du manga Aku no Hana. La rotoscopie permet également  de plus grandes libertés en termes de plans, de mouvements de camera. A ce titre, j’ai trouvé les scènes de danse particulièrement réussies. Cette technique centrale est couplée avec certaines animations en 3D et des arrières plans peints à partir de photos. On sent par ailleurs un vrai travail sur la lumière et les couleurs. L’ensemble donne vraiment une esthétique toute particulière qui est l’une des richesses du film.

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Chronique de vie lycéenne

Malgré le synopsis, le film n’est pas à aborder comme un film d’enquête. Il s’agit plus d’une chronique de vie lycéenne, qui aborde avec fraicheur et finesse la vie adolescente. La narration est plutôt lente, ce qui rapproche le film des canons du cinéma japonais à la Yasujirô Ozu, mais j’ai trouvé cela agréable. En termes de scénario, l’ensemble est bien écrit et bien construit.

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Mon avis

Hana et Alice mènent l’enquête apporte un vent de fraîcheur parmi ce que l’on peut voir actuellement dans le monde de l’animation, notamment japonaise. On sent une vraie recherche esthétique qui ose s’éloigner des canons. C’est très singulier, mais le film sait jouer sur les ambiguïtés de cette esthétique à mi-chemin entre réalisme et animation. A ce titre, il s’agit d’une expérience à part entière et j’ai été séduite par cette prise de risque qui sait faire éclore de véritable moments de grâce, qui viennent largement compenser les plans plus hasardeux.

Par ailleurs, le film s’inscrit dans ce que j’appelle le cinéma contemplatif, c’est-à-dire porté par une narration plutôt lente où le but du film est avant tout de nous porter dans une ambiance et de construire ses personnages principaux. Avis aux amateurs et amatrices (et j’en suis).

Informations pratiques

Le film sortira en salles en France à partir du 11 mai 2016

Site du film : http://www.hanaetalice-film.com

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Passionnée par la littérature, la philosophie, l’histoire, l’animation japonaise et mille autres choses encore. Je cherche la poésie lovée au creux des choses. Car oui, « La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie » (Prévert).

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