Résumé :

Le pays de Charlie et son ami fait face à la montée d’un nouveau régime politique : l’Etat brun. Celui-ci interdit la possession d’animaux d’un autre pelage que le brun. Bien que peinés, Charlie et son ami se plient à la règle : ils se séparent de leurs animaux pour en prendre des bruns. Mais le nouveau régime ne compte pas s’arrêter là.


 

Avis :

Franck Pavloff Matin Brun

Voici un livre très court (11 pages) mais qui réussit en peu de mots à faire passer un grand message. A l’image de « 1984 » d’Orwell, il montre comment un régime totalitaire peut se mettre en place rapidement pour peu que l’on ne fasse pas trop attention ou que, par peur ou par soumission, nous nous plions trop rapidement aux nouvelles règles établies. Il est assez remarquable d’avoir réussi ce défi en si peu de pages d’autant plus que l’on voit les différentes étapes de l’oppression (d’abord l’interdiction des animaux d’un autre pelage que le brun, puis la censure de la presse, etc.).
L’histoire peut sembler vue et revue mais les piqûres de rappel sont toujours bonnes à prendre et ce livre présente l’avantage d’être accessible aux plus jeunes (l’histoire n’est pas très compliquée et le livre très court). Autre point positif, on le trouve à 1€ alors aucune excuse pour se priver de cette lecture !

Leiloona l’a beaucoup aimé, tout comme Gaëlle et Stephie qui l’a fait découvrir à ses élèves de 3e (je trouve que c’est une très bonne idée de le faire lire aux collégiens).

 

Extrait :

 
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C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’Etat national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi, un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.
Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux.
Mon coeur s’était serré puis ou oublie vite.

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Note : 
 

1998 – 11 pages – ISBN : 978-2-84116-029-7
Franck Pavloff – Français

Article initialement publié sur le blog Art Souilleurs

 

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

18 COMMENTAIRES

  1. J’imagine en effet qu’à cet âge comprendre la portée du livre ne doit pas être facile mais encore une fois je trouve ça très bien que vous l’ayez fait lire à vos élèves, c’est une très bonne initiative. Bravo ! 🙂

  2. Je rejoins la critique d’Antoine : c’est un livre qui a le mérite d’être simple et efficace, et qui va à l’essentiel. Quant à le faire étudier aux élèves, je retiens l’idée pour plus tard, lorsque je serai dans cette configuration^^.

  3. Excellent livre, profond et bourré de sens, qui en quelques pages fait passer un message très intense. Je l’ai, personnellement, étudié en cours.
    Merci pour l’extrait qui m’a aiguillé pour l’analyse d’extrait pour mon dossier HDA.

    Sur le même thème, je recommande 1984 de G.Orwell et Inconnu à cette adresse de K.Taylor.

    • L’histoire ne se finit jamais ou se répète en plus où moins fort…
      Pour moi cette nouvelle se finit comme cela pour laisser place à ta réflexion!
      Un véritable antidote à l’intolérance de nos jours il nous amène d’autant plus à réfléchir à notre quotidien.

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