À Troyes l’exposition ArkéAube, coproduite par l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) et le Département de l’Aube, vous invite à jouer aux détectives : à partir de 200 objets découverts au cours de trente années de fouilles, explorez l’histoire et les modes de vie de nos ancêtres

Comment l’homme s’est-il installé dans l’Aube ? et comment vivait-il ? Voici quelques éléments de réponse à partir d’une sélection d’objets que vous pourrez admirer dans l’exposition. L’occasion aussi de découvrir les vestiges de la tombe du prince de Lavau, une merveille d’intérêt national découverte récemment par les équipes de l’Inrap.


Pourquoi l’homme s’est-il installé dans l’Aube ?

Rognons bruts de Silex
Rognons bruts de Silex

L’Aube est un territoire qui cumulait plusieurs atouts : proche des fleuves, avec des sols riches en calcaire et en silex (deux ressources indispensables), et pourvu de riches forêts permettant de récupérer du bois et d’avoir un sol fertile. Ces conditions ont favorisé l’arrivée des hommes dans la région dès le paléolithique, première période de la Préhistoire.

Ces hommes étaient des chasseurs-cueilleurs nomades qui vivaient dans des huttes et qui se déplaçaient fréquemment pour atteindre les ressources (végétales et animales) nécessaires à leur alimentation.

Au néolithique, vers -5300, des colons venus d’Alsace et de Moselle apportent de nouveaux savoir-faire et notamment la domestication des animaux qui permet de changer le mode de vie de l’homme désormais capable d’être sédentaire.

Les objets deviennent également plus sophistiqués. Le silex constitue toujours un outil indispensable (on l’utilise pour chasser mais aussi pour faire des haches, découper les peaux etc.) mais on apprend à le polir pour le rendre plus solide. On utilise également de grosses pierres pour moudre le grain. C’est aussi le début du commerce : quelques objets comme cette parure faite de coquillages prouvent que du troc existait déjà avec d’autres territoires afin d’importer des matières premières qui n’existaient pas dans la région.

L’âge du fer

Entre -2200 et -800 c’est l’âge du fer : le bronze vient remplacer le silex et favorise le développement du commerce. Pour faire du bronze, il faut en effet du cuivre et de l’étain, inexistants dans la région et que l’on importe. On apprend aussi à recycler le métal que l’on fait fondre pour concevoir de nouveaux objets notamment grâce à des moules qui permettent déjà une forme d’industrialisation des techniques.

A la fin de l’âge du bronze la guerre est un phénomène bien présent. On attaque les villages voisins et on se protège avec des cuirasses fines mais larges qui permettaient de revêtir du cuir en-dessous pour les rendre plus résistantes. Il fallait 150 heures pour en fabriquer une seule, elles étaient donc réservées à une classe sociale aisée.

Les différences sociales étaient déjà bien marquées comme en témoigne aussi une tombe retrouvée avec de nombreux objets luxueux tels que cette plaque en or ou encore cette bague constituée de deux anneaux d’or entourant un anneau d’or blanc qui attestent du savoir-faire remarquable des artisans de l’époque.

La tombe du prince de Lavau

La dernière partie de l’exposition présente les premiers vestiges de la tombe du prince de Lavau datée du Ve siècle avant JC et retrouvée en 2015 ans lors de fouilles préventives avant la construction d’un magasin. Cette découverte est particulièrement exceptionnelle, c’est un événement d’envergure nationale.

Dans un tumulus de 40 mètres de diamètre, un personnage a été découvert, paré de plusieurs bijoux (torque, bracelets en or, brassard…). On pense qu’il s’agit d’une tombe princière.

La pièce maîtresse de cette découverte est un chaudron en bronze étrusque d’un mètre de diamètre qui permettait de contenir 350 litres. Effondré et retrouvé en plusieurs morceaux, on peut en voir une remarquable reconstitution dans l’exposition, réalisée à l’échelle 1 grâce à des imprimantes 3D. Ce chaudron est orné de têtes d’Achéloos, référence au mythe de la corne d’abondance.

ArkéAube, reconstitution du chaudron retrouvé dans la tombe du prince de Lavau
Vue d’ensemble de la troisième salle de exposition ArkéAube avec, au premier plan, la reconstitution du chaudron

Aucune excuse pour ne pas aller voir ArkéAube !

L’exposition ArkéAube est particulièrement intéressante pour les habitants de l’Aube qui peuvent ainsi plonger aux origines de l’histoire de leur territoire. Mais pour tous les visiteurs c’est aussi une exposition riche qui permet d’en savoir plus sur nos ancêtres et leurs modes de vie mais également sur les méthodes de recherche des archéologues : j’étais bien loin d’imaginer que les objets retrouvés pouvaient être aussi riches d’enseignements !

La tarification est par ailleurs très accessible : seulement 4 € en tarif plein et de nombreux moments de gratuité sont proposés (voir les informations pratiques ci-dessous). En plus, en allant découvrir l’exposition vous devenez ambassadeur : une carte vous est remise et vous permet de revenir plusieurs fois gratuitement. Profitez également des visites guidées proposées tous les jours à 16h sans supplément ; et des visites familles chaque dimanche à 15h.

Enfin, pendant les Journées nationales de l’Archéologie, les 15 et 16 juin, l’exposition sera ouverte gratuitement avec de nombreuses animations.

ArkéAube, vue d'ensemble de l'exposition
Exposition ArkéAube

Informations pratiques :

Adresse :
Hôtel-Dieu-le-Comte
Rue de la Cité
Troyes

Horaires :
Du mardi au dimanche, de 9h30 à 18h
Fermeture exceptionnelle le 14 juillet

Temps restant :

Jusqu’au 29 septembre 2019. Il vous reste 96 jours pour aller voir cette exposition

Site internet :
http://arke.aube.fr/
https://www.facebook.com/ArkeAube

Tarifs :
Plein tarif : 4€
Tarif réduit : 2€
Gratuit pour les moins de 18 ans, étudiants jusqu’à 26 ans et demandeurs d’emploi
Gratuit pour tous chaque premier dimanche du mois, pendant les journées de l’archéologie (16-18 juin), le soir de la Fête de la Musique (21 juin), pendant les Journées du Patrimoine (21-22 septembre) et pendant la dernière semaine de l’exposition (24 au 29 septembre)

Un grand merci au Département de l’Aube et à RP Digital qui m’ont permis d’aller découvrir cette exposition. Merci notamment à Julie et Alexandra pour leur accueil si chaleureux.

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,

    Je me permets de faire remarqué qu’il y a quelques erreurs dans votre article.
    Le biface est estimé entre -150 000 et -38000 avant notre ère.
    De plus, entre -2200 et -800, nous sommes à l’âge du Bronze. L’âge du Fer débute seulement en -800.
    Et pour terminer, on dit « âge DU Fer » et pas « âge de Fer ».

    Amicalement,

    XM

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.