Résumé :

La petite Lillian se lance un défi fou : si elle arrive à sortir sa mère de la dépression grâce à la cuisine, elle fera de cette passion son métier. Vingt ans plus tard, Lillian est à la tête d’un restaurant qui propose également des cours de cuisine. L’école des saveurs lui permet de rencontrer des élèves qui ont tous des blessures que la cuisine va pouvoir soigner.


 

Avis :

Erica Bauermeister - L'école des saveursQuoi de mieux qu’un chocolat pour se remonter le moral ? Et que dire de ces aliments dont une simple bouchée nous rappelle un souvenir que l’on croyait disparu ? Lillian, plus que quiconque, sait que la gastronomie peut faire des miracles, elle a même décidé d’en faire son métier pour apporter du bonheur aux autres. Aussi, quand ses élèves passent la porte de l’école des saveurs, ils sont bien loin de se douter que leur vie va être bouleversée.

Au fil du livre, les histoires s’égrainent : des problèmes de couple au manque de confiance en soi en passant par le décès d’un proche ou encore par une maladie à surmonter, chacun des élèves porte en lui une blessure. Heureusement, Lilian connait à chaque fois la recette qui fait mouche pour les aider à retrouver confiance et progresser dans la vie.

Au début du livre j’ai été plutôt charmé. J’aime cuisiner et manger (!), je ne doute pas des bienfaits de la gastronomie sur notre moral alors j’ai trouvé plutôt intéressante l’idée de consacrer un livre à cette thématique. Mais au fur et à mesure, les histoires s’enchainent sous forme de nouvelles qui deviennent assez redondantes. A chaque fois le schéma est le même : une personne a un problème et Lillian a la solution grâce à la cuisine. L’auteur en a peut-être trop fait, un livre moitié moins gros aurait été parfait. Là je reste sur une note un peu amère, il n’y avait plus de surprise dans la seconde moitié du livre que j’ai eu du mal à terminer.

 

Extraits :

 
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[tab]Extrait 1/2

Ce qui fascinait Lillian, chez ses amies, c’étaient les préparatifs de cuisine – ces arômes qui l’appelaient juste au moment où elle devait rentrer à la maison, le soir. Certaines odeurs étaient pointues comme un claquement de talons hauts sur un parquet de bois dur. D’autres évoquaient la chaleur qui flotte dans l’air à la fin de l’été. Lillian observait la façon dont une odeur de fromage en train de fondre attirait les enfants hors de leurs chambres, tout alanguis, dont l’ail leur déliait la langue et leur faisait raconter leur journée à partir d’une simple plaisanterie. Lillian trouvait bizarre que les mères ne soient pas toutes conscientes de ces choses-là – celle de Sarah, par exemple, préparait toujours du curry quand elle était fâchée avec sa fille adolescente, et l’odeur sillonnait la maison avec la force d’un défi. Mais Lillian se rendit vite compte que beaucoup de gens ne comprenaient pas ce langage des odeurs qui lui parraissait, à elle, d’une limpidité totale.

Peut-être, songeait Lillian, que les odeurs étaient pour elle ce que les mots étaient pour d’autres, quelque chose de vivant, qui grandit et évolue. Pas seulement pour la senteur du romarin dans le jardin, mais sa persistance sur ses mains quand elle en avait cueilli pour la mère d’Elizabeth, son arôme qui se mêlait dans le four à la lourde odeur de graisse de poulet et d’ail, ses relents sur les coussins du canapé le lendemain. Et puis Elizabeth, qui restait toujours associée au romarin dans ses souvenirs, avec son visage rond et plissé par le rire quand Lillian lui avait mis sous le nez la petite branche hérissée d’aiguilles.

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[tab]Extrait 2/2

– Je vais la guérir grâce à ma cuisine, annonça Lillian à Elizabeth.
Elles étaient assises sur le perron de la maison de son amie.

– Quoi ?

Elizabeth, de huit mois plus âgée que Lillian, s’était désintéressée de la cuisine depuis longtemps au profit d’une passion bien plus dévorante pour le voisin – lequel, juste à cet instant, déboula sur son skateboard et décolla avec panache d’une rampe installée devant elles.

– Ma mère. Je vais la guérir grâce à ma cuisine.

– Lily, rétorqua Elizabeth avec une expression où se mêlaient le mépris et la compassion, quand vas-tu laisser tomber ?

– Elle n’est pas aussi paumée que tu le crois, répondit Lillian qui se lança dans ses théories sur les biscuits et les épices – jusqu’au moment où elle comprit qu’elle avait très peu de chances de convaincre Elizabeth du pouvoir de la cuisine, et encore moins de son potentiel d’influence sur sa mère.

Mais Lillian se mettait aux fourneaux comme d’autres vont prier à l’église, aussi fit-elle ce que nombre de gens font quand ils se trouvent à un moment crucial de leur existence. Ce soir-là, dans la cuisine, entourée des casseroles qu’elle avait accumulées au cours des années, elle conclut un marché :

– Si je la libère de l’emprise des livres, je cuisinerai le restant de ma vie. Si je n’y arrive pas, j’abandonnerai pour toujours.

Sur ces mots, elle plaça la main au fond de la sauteuse de trente-cinq centimètres de diamètre et jura. Elle n’avait pas encore douze ans révolus, elle ignorait tout des religions traditionnelles et ne se rendait pas compte que la plupart des marchés passés avec une puissances supérieure réclament un sacrifice pour l’obtention du résultat désiré : le risque qu’elle prenait était d’autant plus grand.

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Note : 
 

2009 – 251 pages – ISBN : 978-2-253-13457-2
Traduit de l’anglais par Mona De Pracontal
Erica Bauermeister – Américaine

 

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

3 COMMENTAIRES

    • Disons que l’idée est intéressante mais à mon goût trop redondante et surtout il y a trop de bon sentiment. Comme si à chaque fois Lillian arrivait tel un Deus Ex Machina pour tout arranger. C’est sympa 2, 3, 4 fois mais après ça devient lassant.
      Et puis il y a un passage glauque : un homme qui perd sa femme et qui met un peu de ses cendres dans un cake qu’il fait manger à tous ses invités… bien bien bien ^^.

      Au risque de me répéter, moitié moins long il aurait été très bien ! 🙂

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