Au XVIe siècle, il était de bon ton de montrer son goût pour les Arts et c’est donc tout “naturellement” que l’on se faisait représenter avec un instrument de musique ou un livre à la main. C’est le cas de ce portrait d’une jeune femme au sourire énigmatique tenant un recueil de Pétrarque ouvert à la page 68.

Andrea del Sarto (Andrea d’Agnolo, dit) Vers 1528, Huile sur bois, 87 x 69 cm Florence, Istituti museali della Soprintendenza Speciale per il Polo Museale Fiorentino, Galleria degli Uffizi © S.S.P.S.A.E e per il Polo Museale della Città di Firenze
Andrea del Sarto (Andrea d’Agnolo, dit)
Vers 1528, Huile sur bois, 87 x 69 cm
Florence, Istituti museali della Soprintendenza Speciale per il Polo Museale Fiorentino, Galleria degli Uffizi
© S.S.P.S.A.E e per il Polo Museale della Città di Firenze

En observant le tableau de près, on peut y lire deux sonnets mais, avec son index, la jeune femme invite le spectateur à se souvenir des sonnets de la page précédente où Pétrarque évoque son amour pour sa bien-aimée, Laura. Sachant que pour Pétrarque le regard était la fenêtre de l’âme, en nous regardant de la sorte la jeune femme nous renvoie aux tourments du poète.
Par ce truchement, un dialogue s’installe entre la jeune femme et celui qui connaît suffisamment bien Pétrarque pour comprendre la signification cachée de ce tableau. Entre corps et âme, peinture et poésie, cette toile nous emporte dans un va-et-vient d’émotions contradictoires comme pourrait l’être un amoureux.

Ce portrait signé Andrea del Sarto est à voir jusqu’au 25 janvier 2016 au musée Jacquemart-André, dans une belle exposition intitulée “Florence : portraits à la cour des Médicis”.

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Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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