Si les objets pouvaient parler, que nous raconteraient-ils ? Quelles histoires, quels témoignages pourraient-ils nous transmettre ? En cette période de commémoration du centenaire de l’armistice de la Première Guerre Mondiale, et puisqu’il ne reste plus de témoin direct du premier conflit mondial, le musée de la Grande Guerre de Meaux a eu l’idée de faire parler des objets, avec les voix de Thibault de Montalembert et de Mélanie Doutey.

Ce sont donc un lit, une cloche de mariage et une sacoche de facteur qui vont vous parler. Leur point commun ? Avoir connu à leur façon les horreurs de la guerre. Car si ce grand lit avait été créé pour accueillir l’amour de Louise et Auguste, il n’a finalement abrité que la solitude des nuits de Louise.

J’avais beau l’accueillir avec une infinie douceur, je savais toute l’horreur et l’angoisse que je lui inspirais. Car, sans même ouvrir les yeux, il lui suffisait d’étendre le bras pour ne sentir que le vide ; pour ne sentir sous sa peau, nuit après nuit, que la froideur du drap. Grand, oui, j’ai toujours été grand, mais j’ignorais encore à quel point.

Et cette cloche de mariage, d’apparence insignifiante, abritait pourtant l’espoir d’un amour qui s’est fini trop tôt.

Une balle, en sifflant comme une abeille égarée en hiver, a percé le front d’Armand pour atteindre à des centaines de kilomètres Marie, en plein cœur. Et moi je suis restée là, désormais inutile, sur le rebord d’une cheminée dont le feu n’a plus jamais suffit à réchauffer Marie.

Cette sacoche de facteur enfin, qui portait un poids si lourd…

La main du facteur soulevait mon cuir tanné et fouillait mes entrailles pour en extirper une lettre que chacun, dans la pièce immobile, regardait soudain comme une grenade au mécanisme hésitant. Puis de doigts tremblants décachetaient la lettre. Et là, aux larmes de joie ou aux sanglots, je découvrais avec soulagement ou horreur la vraie nature de ce que j’avais apporté.

Le lit est également présenté en gare de l’Est, cette même gare qui a vu partir de nombreux soldats. En quelques minutes, en observant ce lit et en écoutant son histoire, la gare offre un voyage non plus dans l’espace mais dans le temps et rend plus tangible l’horreur de cette guerre.

D’autres objets encore vous raconteront leur histoire dans l’exposition Familles à l’épreuve de la guerre, présentée jusqu’au 2 décembre au musée de la Grande Guerre de Meaux.

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