En 1988, le philosophe Gilles Deleuze accepte pour la première fois de réaliser une entrevue avec une équipe de télévision. Il impose cependant deux conditions : que ce film soit une conversation avec son ancienne élève Claire Parnet et qu’il ne soit diffusé qu’après sa mort.

Ce documentaire composé de 8 heures d’entretien prend la forme d’un abécédaire, de A pour Animal à Z pour Zigzag. Arrivé à F pour Fidélité, Deleuze confie que l’attraction entre deux êtres ne tient pas tant aux points communs partagés qu’aux “grains de folie” qui font tout le charme de la démence.

Si tu saisis pas le petit grain de folie chez quelqu’un, tu peux pas l’aimer.

Dans ce court extrait il y a toute la sagesse de Deleuze qui s’exprime accompagnée de la douceur de cette voix rocailleuse qui semble nous venir d’outre-tombe puisqu’il s’agit là d’une publication post-mortem.

Ce qui me plait particulièrement c’est ce “ouais” nonchalant qui vient ponctuer cet extrait, comme si tout était dit et que c’était là une vérité irréfutable.

On sait que Deleuze aimait beaucoup Léo Ferré et il n’y a là rien de surprenant puisque ce poète disait dans Et Basta, “Si tu es fou, viens dans mes bras, je t’aime”.

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