Ursula Schulz-Dornburg est une artiste photographe allemande, connue pour ses séries de photos essentiellement en noir et blanc. J’ai découvert son travail lors de ma visite au musée des beaux-arts de l’Ontario à Toronto. En effet, une exposition est consacrée aux artistes sélectionnés pour un prix de photographie, le AIMIA-AGO Prize et Ursula Schulz-Dornburg fait partie des sélectionnés (mais elle n’a finalement pas gagné le prix).

J’ai été frappée par ces séries de photos et notamment celle représentant des abris de bus en Arménie. Les photos ont été prises entre 1997 et 2011. Ursula s’intéresse particulièrement à l’architecture et à la manière dont les bâtiments s’inscrivent dans le paysage et dans la vie des gens. Dans cette série, elle photographie des arrêts de bus, tous différents, la plupart du temps installés au milieu de nulle part, dans le nord de l’Arménie. Une des dimensions qui intéressait l’artiste, c’était que, du fait notamment de leur délabrement, la plupart de ces abris de bus ne sont aujourd’hui plus des abris à proprement parler, ils ne peuvent réellement protéger des voyageurs, ainsi : « Ils sont devenus des symboles de protection, mais sans pouvoir vraiment en fournir une » (« They have become a symbol of protection, without actually providing any »). Ces bâtiments, à l’architecture parfois monumentale, sont également un témoignage de l’histoire soviétique. Leur présence isolée, imposante, absurde et fragile nous parle aussi de ce passé.

J’ai beaucoup aimé cette série autour de ces étranges abris. Ces structures m’ont paru intrigantes, parfois immenses, parfois rudimentaires, presque ridicules dans ces espaces qui ne semblent pas avoir de limite. À travers cette série, on peut lire également une manière de photographier l’attente. Certaines photos représentent les voyageurs, parfois rendus minuscules. Les attitudes et les affaires suggèrent le voyage, le départ. Une manière moderne de capturer la fuite du temps.

Vous pouvez retrouver la série complète sur le site d’Ursula Schulz-Dornburg.

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Passionnée par la littérature, la philosophie, l’histoire, l’animation japonaise et mille autres choses encore. Je cherche la poésie lovée au creux des choses. Car oui, « La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie » (Prévert).

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