En 2014, la photographe Bettina Rheims s’est rendue dans des prisons pour réaliser le portrait de femmes incarcérées. L’objectif de ce travail : apporter un nouveau regard sur le milieu carcéral que l’on imagine la plupart du temps masculin, et mettre en lumière une minorité féminine qui ne représente que 4% de cette population. Qui sont ces femmes ? Comment vivent-elles leur féminité enfermées entre quatre murs et éloignées de leurs familles ? Autant de questions auxquelles Bettina Rheims a souhaité répondre.

 

Reconstruire l’identité féminine des détenues

Avec le soutien de l’administration pénitentiaire, Bettina Rheims a créé une soixantaine de portraits en maisons d’arrêt ou centres de détention. Les femmes qui le souhaitaient ont pu choisir leur tenue, être maquillées : plus qu’une simple photographie, cette session leur a permis de renouer avec une image valorisante et de se projeter dans une vie hors de prison où elles pourront à nouveau exprimer leur féminité.
Au cours de ces séances photos, Bettina Rheims a pris le temps de parler à ces femmes, entendre leurs histoires, leurs rêves et leurs tourments.

« Il me fallait aller à la rencontre de femmes qui n’avaient pas le choix de vivre entre quatre murs. Nous avons beaucoup parlé. Elles se sont racontées, et j’ai tenté de leur offrir un moment hors de ce temps-là, une conversation de femmes à visage découvert. (…) Nous les avons accueillies pour choisir une tenue, de faire coiffer et maquiller, si elles le désiraient. Une occasion à cet instant de retrouver un peu de cette estime de soi, bien souvent égarée dans ces lieux de détention où rien n’est fait pour elles. (…) Que toutes celles qui m’ont fait confiance en posant pour moi sachent que je ne les oublierai jamais. »

 

Une exposition à voir au château de Vincennes

Ces photographies, accompagnées de quelques témoignages de détenues, sont exposées actuellement et jusqu’au 30 avril dans la Sainte Chapelle du château de Vincennes. Un choix qui n’est pas anodin puisque le château a longtemps servi de prison. De nombreuses femmes et jeunes filles y ont été incarcérées jusqu’en 1794 : des prisonnières politiques, d’opinion et prisonnières de droit commun.

La cinquantaine de photographies ainsi exposée est présentée dans une scénographie créée par l’architecte Nicolas Hugon, rappelant l’univers carcéral : des caissons métalliques isolent chaque portrait.

Pour les adolescents, un livret de visite créé à leur attention permet de les accompagner dans la découverte de l’exposition en les questionnant sur les choix de l’artiste et sur l’univers carcéral.

Cette exposition offre par ailleurs l’occasion d’admirer la chapelle du Château de Vincennes, récemment restaurée.

Sainte Chapelle du château de Vincennes
Sainte Chapelle du château de Vincennes

 

 

 

 

A noter que cette exposition sera également présentée à partir du 1er juin et jusqu’au 4 novembre 2018 au château de Cadillac ; et que les soixante portraits accompagnés d’un avant-propos de Robert Badinter et d’un texte de Nadeije Laneyrie-Dagen sont publiés dans la collection Blanche de Gallimard, c’est la première fois qu’un album de photographies est édité dans cette collection.

Informations pratiques

Adresse

Château de Vincennes
Avenue de Paris
94300 Vincennes

Horaires

Tous les jours, de 10h30 à 13h et de 14h à 16h30

Temps restant

Jusqu’au 30 avril 2018.
L’exposition est terminée.

Tarifs

Tarif plein : 9 €
Tarif réduit : 7 €

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