Suzanne Valadon, Le bain

Suzanne Valadon, femme artiste

Née de père inconnu et de mère blanchisseuse, Suzanne Valadon de son vrai nom Marie-Clémentine Valadon, entra dans le monde de la peinture tout d’abord en travaillant tant que modèle. Elle habite dans le quartier des artistes, Montmartre, et pose notamment pour Pierre Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir, de Henri de Toulouse-Lautrec (avec qui elle eut une relation et qui donna le nom de Suzanne). Auprès d’eux, elle commence rapidement à dessiner, d’abord des portraits.

Sur le conseil de Toulouse-Lautrec, elle montre son œuvre à Degas, qui est séduit par son travail et l’encourage à continuer. Elle commence ensuite à peindre, ce qui est une transgression pour les femmes de l’époque (traditionnellement tenues à l’écart des arts dits majeurs comme la peinture ou la sculpture, à quelques exceptions près). « La terrible Maria », comme la surnommait Degas, entend même peindre tous les sujets et ne pas se contenter aux sujets convenables, comme les scènes familiales ou les paysages. Elle peint même des nus. Elle commence à exposer au début des années 1890. Elle devient la première femme admise à la Société nationale des beaux-arts.

L’œuvre de Suzanne Valadon évoluera tout au long de sa vie, marquée par le contexte artistique de son temps et développant son propre style. Femme dans un milieu masculin, forte personnalité et artiste en constante recherche, Suzanne Valabon fut une figure importante du Montmartre du début du XXème siècle.

Le bain (1908)

L’œuvre du jour, Le bain, date de 1908. Il s’agit d’un dessin au pastel de petit format. Scène intime, elle montre deux femmes se préparant au bain. Cette œuvre témoigne bien de la force du trait de Suzanne Valadon : l’œuvre est structurée autour de contours noirs, qui guident le regard du spectateur. Ainsi, le nu central est particulièrement mis en valeur : ses contours, ses formes et l’expression du visage. L’autre élément central, la baignoire, est également souligné.  Le travail sur les couleurs est également particulièrement intéressant, en accord avec les préoccupations artistiques de l’époque : un travail sur le caractère impressionniste de la couleur, privilégiant sa dimension sensible. Le tout donne une œuvre puissante et moderne, peinture frappante du corps sans idéalisation. Détail historique intéressant : elle montre également la démocratisation de la baignoire au début du XXème siècle.

L’oeuvre est actuellement exposée au Musée de Grenoble

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Passionnée par la littérature, la philosophie, l’histoire, l’animation japonaise et mille autres choses encore. Je cherche la poésie lovée au creux des choses. Car oui, « La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie » (Prévert).

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